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La guerre civile en Sierra Leone, dix années d'un conflit atroce

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SIERRA LEONE
La guerre civile en Sierra Leone, dix années d'un conflit atroce. | Getty Images

La guerre civile en Sierra Leone (mars 1991-début janvier 2002), déclenchée par la rébellion du Front révolutionnaire uni (RUF), a été l'une des plus atroces de l'histoire récente en Afrique, avec 120.000 morts et des milliers de civils mutilés.

L'ex-président du Liberia Charles Taylor a été condamné mercredi par la justice internationale à 50 ans de prison pour des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre commis en Sierra Leone. "L'accusé est responsable d'avoir aidé et encouragé, ainsi que d'avoir planifié, certains des crimes les plus haineux de l'histoire de l'humanité", a déclaré le juge lors d'une audience publique devant le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL), dans la banlieue de La Haye.

Les rebelles ont été accusés des pires exactions, mais toutes les parties au conflit ont été impliquées.

La guerre a été marquée par les atrocités de ses combattants, souvent drogués, contre la population civile et reste associée à des images insupportables d'enfants amputés. Les rebelles se sont rendus tristement célèbres pour avoir commis des meurtres, des viols systématiques, des enlèvements, des amputations - auxquelles la plupart des victimes n'ont pas survécu faute de soins - et pour avoir kidnappé des milliers d'enfants obligés de combattre dans leurs rangs.

La guerre civile était une émanation de celle conduite au Liberia voisin depuis fin 1989 par Charles Taylor. Le 23 mars 1991, la guerre commence avec une attaque d'un poste-frontière d'un district de l'Est, frontalier du Liberia. Une attaque dans le Sud plonge rapidement le pays dans le conflit.

Le gouvernement accuse Taylor, à l'époque chef rebelle du Front national patriotique du Liberia (NPFL) d'en être à l'origine. Foday Sankoh, un ancien caporal de l'armée, qui combattait alors dans les rangs du NPFL, affirme mener les combats à la tête du RUF.

En 1993, le RUF se replie dans l'extrême Est et dans le Sud, puis lance en 1994 des raids éclairs - embuscades, pillages et attaques d'installations industrielles ou agricoles - et procède à des enlèvements d'étrangers.

En janvier 1999, le RUF et ses alliés d'une ex-junte militaire lancent un assaut sur Freetown, occupée plus de trois semaines au prix de 6.000 morts. Human Rights Watch (HRW) affirme alors que la rébellion s'est "systématiquement livrée à toutes sortes d'atrocités" contre les civils. "La pratique de la mutilation, et en particulier l'amputation de mains, bras et jambes, était répandue. Les rebelles ont utilisé des haches, des machettes et des couteaux".

En janvier 2002, la fin de la guerre est déclarée officiellement. Le gouvernement et l'ONU signent un accord sur la création d'un tribunal pour juger les responsables des atrocités.

Depuis 2004, le TSSL a jugé les responsables des trois principales factions: les forces de défense civiles (CDF, milice progouvernementale), le Conseil révolutionnaire des forces armées (AFRC, membres de l'ex-junte) et le RUF. Quant à Foday Sankoh, il est décédé en détention en août 2003.

acm/bc/aub

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