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Georges Wolinski signe 50 ans de carrière en mots et en dessins avant de prendre ses quartiers d'été à la BNF

30/05/2012 01:05 EDT | Actualisé 30/07/2012 05:12 EDT

PARIS - Le trait noir est précis, la main est alerte. Penché sur sa table de travail, Georges Wolinski peaufine le dessin qui ornera l'invitation au vernissage de l'exposition estivale de 200 dessins originaux que prépare la Bibliothèque Nationale de France.

Un nouvel hommage de l'institution à l'artiste à l'humour bon vivant, alors que sort en librairie "Le pire a de l'avenir", un pavé de près de 1.000 pages de bons mots et de dessins dans lequel il passe en revue 50 ans d'une carrière qui l'a mené de "Hara-Kiri" au "Nouvel Observateur" en passant par "L'Humanité", "Paris Match" ou le "JDD".

Un curriculum vitae que certains pourraient certes trouver assez consensuel, mais que l'intéressé assume intégralement. "En fait, à mes débuts, j'étais ignare en matière de politique et je me croyais centriste", a raconté Wolinski dans un entretien à l'Associated Press.

C'est quand son confrère Siné, peu avant les événements de mai 68 lui a demandé: "Pour qui tu es, toi?", que Wolinski s'est penché sur la question. "Je suis devenu moins con et je me suis rendu compte que je savais aussi faire des dessins politiques". Autre paradoxe du dessinateur: il s'estime "bien meilleur dans les dialogues".

Egrenant ses souvenirs en sortant de vieux cartons à dessins des planches pas toujours rangées dans le bon ordre ou dans la bonne catégorie, Wolinski revendique aujourd'hui un ancrage politique marqué à gauche. S'il se dit fan de Ségolène Royal dont il montre fièrement une carte dédicacée punaisée au mur, il est tout aussi satisfait par l'arrivée de François Hollande à la présidence de la République.

Des changements qui, bien sûr, lui donnent du grain à moudre, puisque qu'il commente toujours l'actualité à travers ses dessins dans trois journaux. "François Hollande passe pour un naïf, mais il est loin d'être naïf", prévient-il. Quant à l'ancien président Nicolas Sarkozy, personnage "imprévisible", Wolinski reconnaît l'avoir "bien moins bien traité que (François) Mitterrand".

A 77 ans, conscient qu'il en est à l'automne de sa vie, l'artiste ne démord pas d'un athéisme farouche. "On ne croit en rien, on ne respecte rien, donc on ne bénéficie d'aucune garantie ni protection", dit-il de ses confrères de plume ou d'encre de Chine. Et de dénoncer au passage "les mensonges de l'Eglise, qui roule dans la farine des gens qui ont besoin qu'on leur raconte des histoires".

A tel point que quand son heure sera venue, et une fois incinéré, Wolinski a d'ores et déjà choisi "la cuvette des toilettes comme ultime demeure". "Après tout", lâche-t-il, égal à lui-même, "c'est encore là que j'aurai la meilleure vue sur l'intimité de ma femme bien-aimée"... AP

- "Le pire a de l'avenir" Georges Wolinski (Ed. Le Cherche-Midi; 928 pages; 23.90 euros)

- Exposition "Wolinski, 50 ans de dessins", du 28 juin au 2 septembre 2012

Bibliothèque Nationale de France, site François Mitterrand-Quai François Mauriac, Paris XIIIe - Entrée gratuite.

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