Inspirés par la musique du XIVe siècle, les corps de la chorégraphe bruxelloise Anne Teresa De Keersmaeker se sont exprimés avec En atendant, le premier des deux spectacles que la compagnie Rosas présente au Festival TransAmériques.

On retient son souffle dès le début de la performance solo du flûtiste Michael Schmid qui amorce le spectacle; performance qui impressionne, mais finit par mettre à rude épreuve les oreilles sensibles aux aigus. Le silence s'en suit avec un court solo de danse, après le chant magnifique d'Olalla Aleman. Bâti en tableaux, En atendant alterne les numéros sur fond de musique du Moyen-Âge (avec musiciens live) et le seul bruit du corps, des vêtements et des frottements sur le sol.

Les danseurs se lancent d'abord dans une suite de mouvements proches de la vie quotidienne avec ses pas de marche et pas de course, rencontres, reculs, croisements, éloignements, en séquences brèves. Puis la danse se poursuit avec une série de solos, duos et trios. Ceux des hommes beaucoup plus énergiques, voire agressifs et compétitifs. Ceux des femmes qui se déroulent dans la lenteur, évoquent l'intimité, l'entraide et la tendresse féminine.

Puis les membres du groupe se ressoudent, se recroisent et s'éloignent, mais cette fois avec des mouvements beaucoup plus amples, les bras qui se tendent, les corps qui tournent, s'étirent et s'amusent presque. Les danseurs redeviendront ensuite amas de corps pour terminer sur le solo d'un danseur nu dans la pénombre et mû par son souffle. Un spectacle esthétique, épuré, mais plus captivant lorsqu'il s'amarre à la musique.

En atendant, 30 mai
Son second spectacle, Cesena, les 1er et 2 juin

Toute la programmation du Festival Transamériques sur leur site.

En atendant, Anne Teresa De Keersmaeker