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Des thons étaient toujours contaminés par Fukushima après un voyage de 9600 km

30/05/2012 03:36 EDT | Actualisé 30/07/2012 05:12 EDT

LOS ANGELES, États-Unis - Des thons capturés au large de la Californie présentaient des signes importants de contamination à la radiation cinq mois après la catastrophe nucléaire de Fukushima, au Japon, et au terme d'un périple de plus de 9600 kilomètres.

Le taux de césium radioactif retrouvé dans leur organisme était 10 fois supérieur à celui mesuré au cours des années précédentes, même s'il demeurait nettement inférieur aux taux jugés sécuritaires par le Japon et les États-Unis.

Des traces de radioactivité avaient été précédemment découvertes dans d'autres espèces marines. Les scientifiques s'attendaient toutefois à ce que des poissons aussi grands s'en tirent mieux, en raison de leur taille et de leur capacité à métaboliser et éliminer les substances radioactives.

Le thon rouge du Pacifique, qui peut mesurer plus de trois mètres et peser plus de 450 kilos, compte parmi les poissons les plus gros et les plus rapides du monde. L'animal se reproduit au large des côtes du Japon et fonce ensuite vers l'est à pleine vitesse, pour se rassembler au large des côtes de la Californie et de la péninsule de la Basse-Californie, au Mexique.

Cinq mois après la catastrophe de Fukushima, Nicholas Fisher et d'autres chercheurs de l'université Stony Brook de New York ont décidé d'analyser des thons capturés près de San Diego. Ils ont été étonnés de découvrir que les 15 thons capturés présentaient des taux de contamination au césium-134 et au césium-137 plus élevés que par le passé.

En comparaison, ils ont aussi examiné des échantillons de thon albacore, qui se retrouve dans l'est du Pacifique, et des thons rouges qui étaient partis vers la Californie avant la catastrophe. Ces poissons ne présentaient aucune contamination au césium-134 et seulement une infime contamination au césium-137, une conséquence des essais nucléaires réalisés dans les années 1960.

Les thons rouges du Pacifique ont absorbé le césium radioactif en nageant dans des eaux contaminées et en gobant des proies contaminées, comme le krill et le calmar. Leur croissance et leur métabolisme leur a permis d'éliminer une partie de la contamination lors de leur périple vers l'est, mais ils n'ont pas été capables de s'en débarrasser complètement.

L'étude sera répétée cet été avec un nombre plus important d'échantillons. Les poissons analysés l'an dernier avaient nagé en eaux contaminées pendant environ un mois. Ceux qui sont attendus au cours des prochaines semaines y nagent depuis nettement plus longtemps, et les chercheurs veulent savoir quel impact cela aura sur leur contamination.

Ils souhaitent aussi examiner d'autres espèces migratrices comme les tortues de mer, les requins et les oiseaux de mer.

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