L'ex-chef d'État du Liberia Charles Taylor a été condamné mercredi à 50 ans de prison, un mois après avoir été reconnu coupable de 11 chefs de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre par le Tribunal spécial pour les crimes de guerre en Sierra Leone (TSSL).

Le juge samoan Richard Lussick a lu un résumé de la peine lors d'une audience publique à Leidschendam, dans la banlieue de La Haye, aux Pays-Bas. La poursuite avait recommandé une peine de 80 ans de prison le 3 mai dernier, ce que la défense de l'ancien président avait jugée « disproportionnée et excessive ».

Si elles le souhaitent, tant la défense que l'accusation auront 14 jours pour interjeter appel du jugement ou de la peine infligée, un processus qui pourrait prendre plusieurs semaines.

Inculpé en 2003, le chef d'État du Liberia était soupçonné d'avoir secrètement dirigé les milices rebelles de la Sierra Leone, pays voisin, pendant la guerre civile de 1991 et 2002 pour obtenir le contrôle du commerce des diamants sierra-léonais. Cette guerre a fait au moins 120 000 morts, ainsi que des milliers d'amputés et de personnes violées.

Lors du procès, la Cour a entendu 94 témoins de la poursuite, en plus de recevoir 4 témoignages écrits, et elle a entendu 21 témoins de la défense. Elle a également examiné 1520 pièces à conviction et a lu plus de 50 000 pages de dépositions.

Charles Taylor, 64 ans, a plaidé non coupable à toutes les accusations déposées contre lui par le TSSL, qui a été créé pour juger les personnes soupçonnées des massacres, des viols et des amputations ayant eu lieu jusqu'en 2001, durant les 10 ans de guerre civile en Sierra Leone.