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Conflit étudiant : les casseroles trouvent un écho hors des frontières du Québec

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CASSEROLE
AP

Alors que se déroulait la 37e manifestation nocturne à Montréal et que des centaines de personnes s'étaient massées devant les lieux des négociations à Québec, le mouvement des casseroles a résonné à l'extérieur de la Belle Province, mercredi.

Des manifestants dans des dizaines de villes au Québec, mais aussi ailleurs au Canada, ont frappé sur des casseroles afin d'exprimer leur solidarité à l'endroit des étudiants québécois opposés à la hausse des droits de scolarité.

« Effectivement, on paye deux fois plus cher ici en Ontario pour les frais de scolarité. Et il y a une raison si on paye moins cher au Québec, il y a une raison pour ça, c'est parce qu'on s'est battu pendant 40 ans », a expliqué Xavier Lafrance, un étudiant de l'Université York qui participait à la manifestation torontoise.

Près de 9500 personnes partout au pays avaient indiqué qu'elles comptaient participer à l'événement intitulé « soirée des casseroles au Canada », pour lequel une page Facebook a été créée. L'invitation avait été lancée à plus de 100 000 internautes.

Les rassemblements prévus - près de 70 en tout - se sont notamment tenus à Toronto, à Saint-Jean-de-Terre-Neuve, à Halifax et à Calgary, mais aussi dans une poignée de villes étrangères comme New York, Paris, Londres et San Jose, au Costa Rica. Des rassemblements ont été tenus à différents endroits en Europe et d'autres le seront jeudi.

Certaines villes, comme Toronto et Vancouver, ont vu plusieurs rassemblements simultanés se tenir dans des secteurs différents. Parmi les participants, on retrouvait notamment des Québécois qui habitent à l'extérieur de la province. Dans la Ville Reine, la marche a pris fin à l'intersection des rues Queen et Spadina, l'endroit où s'étaient terminées les manifestations du G20 en 2010.

Par ailleurs, les manifestations de casseroles se sont poursuivies dans plusieurs villes du Québec, dont plusieurs étaient d'ailleurs elles aussi inscrites sur la liste. À Montréal, où le mouvement des casseroles prend toujours de l'ampleur, de joyeux tintamarres étaient entendus dans différents quartiers de la métropole.

Au Canada, certains rassemblements ont été organisés par les mêmes personnes qui étaient derrière les mouvements Occupons de l'automne dernier. Sur la page Facebook consacrée à l'événement, on promettait déjà de faire « entendre un tintamarre de casseroles, joyeux oui, mais qui symbolisera aussi notre colère et notre exaspération ».

Si le but de ces manifestations se veut un écho aux revendications étudiantes, les participants protestent aussi contre les inégalités économiques, en plus d'envoyer un message au gouvernement fédéral.

Certains des rassemblements étaient également indiqués sur une carte de Google Maps et se sont multipliés au cours de la soirée.

Vous pouvez relire la couverture en direct des manifestations du 30 mai :

Première manifestation nocturne légale

Pour la première fois depuis le début des manifestations nocturnes, la 37e marche a été déclarée légale à Montréal, les organisateurs ayant décidé de fournir leur itinéraire au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Les étudiants et leurs sympathisants se sont retrouvés vers 20 h 30 à la place Émilie-Gamelin, conformément à leur habitude, avant d'entamer leur marche. Les manifestants n'ont pas suivi le trajet initial remis aux policiers, mais le rassemblement a tout de même continué d'être légal.

Quelques milliers de personnes ont ainsi arpenté les rues du centre-ville, dans le calme et dans une ambiance festive, jusqu'aux environs de minuit.

Une deuxième manifestation réunissant de 200 à 300 personnes est également partie du parc Émilie-Gamelin vers 21 h 30. Celle-ci a été déclarée illégale, puisqu'au trajet n'a été divulgué aux policiers. Les manifestants ont pris la direction du Vieux-Montréal, avant de remonter vers le centre-ville.

Bon nombre d'entre eux arboraient des masques et brandissaient des drapeaux noirs. Le SPVM les a suivis de près tout au long de la soirée, craignant que des casseurs se soient infiltrés au groupe. La marche s'est finalement déroulée dans le calme et le SPVM n'a rapporté aucun méfait et n'a procédé à aucune arrestation.

Du côté de Québec, les manifestants qui s'étaient rassemblés devant l'Assemblée nationale ont voté pour ne pas dévoiler leur itinéraire au Service de police de la Ville de Québec (SPVQ). La marche a donc été déclarée illégale et les manifestants ont joué au chat et à la souris pendant plusieurs heures avec les policiers.

Ils se sont ensuite dirigés en direction de l'édifice où se déroulaient les négociations entre le gouvernement et les associations étudiantes. Ils se sont massés devant l'immeuble, faisant résonner le son de leurs casseroles jusqu'au 16e étage de la tour.

Après avoir accueilli les leaders étudiants par une haie d'honneur à leur sortie de la rencontre, les manifestants se sont dispersés dans le calme. Aucun incident n'a été rapporté.

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