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Arrestations après l'incendie du Qatar, témoignages sur les défaillances

30/05/2012 07:58 EDT | Actualisé 30/07/2012 05:12 EDT

Les autorités du Qatar ont ordonné l'arrestation des responsables du centre commercial et de la crèche où un incendie a fait 19 morts, pour la plupart des enfants, des pompiers faisant état de graves manquements aux règles de sécurité.

Selon l'agence officielle QNA mercredi, le procureur général, Ali ben Fatis Al-Marri, "a ordonné l'arrestation du propriétaire du Villaggio Mall (un Qatari) ainsi que du directeur du centre commercial, de son adjointe et de l'adjoint du chef de la sécurité dans le cadre de l'enquête sur l'incendie".

Il a également ordonné la détention de la propriétaire de la crèche, Gympanzee, où 13 enfants, dont trois triplés néo-zélandais, et quatre membres du personnel ont péri lundi dans l'incendie qui a ravagé Villaggio Mall, le plus grand centre commercial de Doha.

Le prince héritier, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, a diligenté une enquête sur l'incendie qui aurait été provoqué selon un général de la Défense civile par un court-circuit, une négligence ou un mégot de cigarette.

Ce sinistre a provoqué des interrogations sur les manquements possibles aux règles de sécurité qui seraient derrière le lourd bilan, en dépit de la célérité des secours.

"Nous n'avons appris de l'existence d'une crèche qu'une demi-heure après le début des opérations de secours", a affirmé à l'AFP un pompier marocain, Abdel Khalek Hawari, dont deux camarades, un Marocain et un Iranien, ont péri.

Il a indiqué que l'établissement "n'avait pas d'issues de secours". Son camarade marocain Houssam Chahbouni est "entré dans la zone d'où se dégageait de la fumée", a-t-il ajouté, soulignant l'avoir retrouvé plus tard sans vie, "tenant deux enfants morts".

Un autre pompier, le Marocain Omrane Mohsen, a affirmé que "les signaux d'alarme ne fonctionnaient pas". Tous les enfants qui se trouvaient dans la crèche sont décédés: "cinq dans l'ambulance, trois à l'hôpital et le reste sur place".

Les flammes avaient encerclé la crèche accueillant des enfants de moins de cinq ans au premier étage. Les pompiers avaient dû pénétrer par le toit, les escaliers menant à la crèche s'étant effondrés.

Treize enfants, dont les triplés néo-zélandais et trois frères et soeur espagnols, ont péri, ainsi que trois puéricultrices et un comptable.

Cité par la chaîne Al-Jazeera, une amie de deux des puéricultrices philippines décédées, Marilyn Evangelista, a indiqué qu'elles avaient appelé au téléphone et envoyé des messages à leurs proches avant de mourir.

"Je suis en train de mourir", a affirmé l'une d'elles à sa tante. "Nous sommes pris au piège, la fumée est trop épaisse", a dit l'autre à son mari.

Selon une source au ministère des Affaires sociales, citée par le quotidien al-Raya, la crèche opérait sans autorisation.

Des médias locaux et internationaux ont cité des témoins parlant d'alarmes défectueuses et d'issues de secours fermées. D'autres ont dénoncé l'attitude des employés du centre commercial, la qualifiant de lente et d'inefficace.

Le drame a provoqué l'émoi de la population du Qatar, petit Etat gazier de moins de deux millions d'habitants, en grande majorité expatriés.

Mardi soir, des centaines de personnes, répondant à des messages sur Twitter, se sont rassemblées dans un parc attenant au centre commercial, déposant des gerbes de fleurs et allumant des bougies à la mémoire des morts.

Parmi eux Jane et Martin Weekes, les parents des triplés néo-zélandais, qui serraient dans leurs bras des jouets de leurs enfants.

"Lillie, Jackson et Willsher étaient le rayon de soleil de notre vie. Ils étaient inséparables et sont tragiquement partis ensemble après deux courtes années", ont affirmé les parents éplorés dans un communiqué.

Une dizaine de personnes ont effectué la danse rituelle des Maoris de Nouvelle-Zélande, la Haka, devant eux.

Cheikh Tamim s'est rendu dans les ambassades dont les ressortissants ont péri dans le drame pour présenter ses condoléances, selon QNA. "Il a promis aux familles des victimes de les tenir informées des résultats de l'enquête (...) assurant que son pays punirait ceux qui ont commis des fautes".

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