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Après Houla, le Conseil de sécurité de l'ONU toujours divisé sur la Syrie

30/05/2012 04:06 EDT | Actualisé 30/07/2012 05:12 EDT

Quatre jours après le massacre de Houla (centre de la Syrie), les 15 pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU continuent de soutenir le plan de paix de Kofi Annan mais restent divisés sur les moyens d'accroître la pression sur Damas pour qu'il l'applique.

Au terme d'une nouvelle réunion à huis clos du Conseil mercredi, les Occidentaux ont évoqué des sanctions contre le gouvernement syrien mais la Russie a réitéré son opposition.

"Nous continuons de refuser les sanctions", a affirmé à la presse l'ambassadeur russe Vitaly Tchourkine. Il a fait valoir que "personne ne respecte le plan Annan", pas plus l'opposition, "qui refuse d'engager un dialogue politique", que le pouvoir.

"Il existe déjà des sanctions bilatérales qui ont un impact très sévère sur la population syrienne", a-t-il souligné.

Les ambassadeurs des 15 pays ont entendu des comptes-rendus de Jean-Marie Guéhenno, adjoint de Kofi Annan, par vidéoconférence, et du patron des opérations de maintien de la paix Hervé Ladous. M. Annan doit s'adresser à eux jeudi prochain.

Parlant ensuite à la presse depuis à Genève, où il trouve, M. Guéhenno a réclamé de Damas "des gestes concrets et significatifs" concernant "l'arrêt des violences, mais aussi les détenus et l'accès humanitaire".

Pour l'ambassadrice américaine Susan Rice, "la meilleure solution serait que le gouvernement syrien respecte ses engagements aux termes du plan Annan mais cela ne semble pas un scénario très probable". Sinon, a-t-elle ajouté, "le Conseil devra prendre ses responsabilités et accroître la pression sur le gouvernement syrien (et) cela pourrait inclure des sanctions".

Elle a cependant reconnu des "divergences de vues" sur les sanctions. "Cette discussion continue à New York et dans les capitales".

Selon Mme Rice, c'est "le scénario du pire qui semble le plus probable pour l'instant": escalade de la violence, "crise régionale majeure" et "la mort du plan Annan".

Pour l'ambassadeur allemand Peter Wittig, le Conseil doit "envisager d'imposer des sanctions à ceux qui font obstacle" au plan Annan.

Il a suggéré de discuter dans les prochains jours d'un éventuel renforcement de la Mission de supervision de l'ONU en Syrie (MISNUS), qui compte aujourd'hui quelque 300 militaires non armés, soulignant qu'elle devait disposer de ses propres moyens de transport aérien.

Il a aussi préconisé de créer une "commission d'enquête indépendante mandatée par le Conseil" sur les violations de droits de l'homme en Syrie.

Pour le représentant permanent adjoint de la France Martin Briens, "seule une pression accrue peut permettre un changement d'attitude des autorités syriennes". La France va "travailler avec la Russie pour trouver un moyen d'avancer". "On ne peut pas attendre plus longtemps si on veut sauver le plan Annan", a-t-il ajouté.

"Nous devons discuter avec les Russes des mesures supplémentaires que le Conseil peut prendre pour accroître la pression sur toutes les parties mais en priorité sur le gouvernement syrien", a expliqué l'ambassadeur britannique Mark Lyall Grant.

Le Conseil avait adopté dimanche à l'unanimité une déclaration condamnant le gouvernement syrien pour le massacre de Houla, qui a fait au moins 108 morts et a conduit de nombreux pays, dont la France, les Etats-Unis et le Japon, à expulser des représentants diplomatiques syriens.

M. Tchourkine a critiqué ces expulsions en affirmant qu'elles "pouvaient être interprétées à tort comme une condition préalable à une intervention militaire étrangère" en Syrie.

avz/eg

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