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Algérie: le scrutin du 10 mai "non crédible", selon un rapport (presse)

30/05/2012 06:01 EDT | Actualisé 30/07/2012 05:12 EDT

Le rapport de la commission nationale de surveillance des élections législatives (Cnisel) du 10 mai en Algérie, qui devait être remis mercredi au président Abdelaziz Bouteflika "accable le gouvernement", a rapporté le quotidien Liberté.

Le scrutin du 10 mai a "perdu sa crédibilité", selon une source proche de la commission citée par le quotidien.

"Le discours officiel qui prônait la régularité du scrutin a été confronté à une pratique malveillante qui manipule les voix des électeurs", a ajouté cette source.

Les auteurs de ce rapport de près de 70 pages affirment que "des morts ont bel et bien voté dans plusieurs wilayas" (départements) et évoquent l'inscription d'un même électeur dans plusieurs communes.

Ils mettent en cause le taux de participation en citant celui de 10H00 (9H00 GMT) qui était de 4%, puis celui de 12H00 qui a grimpé à 15%.

Des procès-verbaux ont été signés avant même le début de l'opération de dépouillement, souligne ce rapport.

La Cnisel affirme que des surveillants ont été forcés de quitter les bureaux de vote.

La commission est composée de représentant de 44 partis ayant participé au scrutin et a élaboré un rapport en notant toutes les irrégularités dont elle a eu connaissance depuis la convocation du corps électoral jusqu'à l'annonce des résultats officiels par le Conseil constitutionnel.

Pour la première fois depuis l'instauration du multipartisme en 1989, la présidence de cette commission, chargée du "suivi et du contrôle des opérations électorales, a échappé au contrôle de l'administration. Lors des précédents scrutins, sa présidence avait toujours été confiée à une personnalité, désignée par les autorités.

Quinze partis politiques totalisant 29 des 462 sièges de la nouvelle assemblée nationale avaient décidé la semaine dernière, "face à la fraude", de boycotter la prochaine assemblée qui a été installée samedi.

Le Front de libération nationale (FLN, parti présidentiel) avait été le grand vainqueur avec 208 sièges, suivi du Rassemblement national démocratique (RND, du premier ministre Ahmed Ouyahia) avec 68 sièges et de l'Alliance de l'Algérie verte (AAV, trois partis islamistes) avec 49 sièges.

amb/aub

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