NOUVELLES

Syrie: la plupart des victimes du massacre de Houla ont été froidement exécutées

29/05/2012 06:48 EDT | Actualisé 29/07/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - Le Haut Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU a affirmé mardi que la plupart des 108 victimes du massacre de la région de Houla, en Syrie, avaient été tuées à bout portant, dont des femmes, des enfants et des familles entières massacrées dans leur propre maison.

Le massacre de vendredi à Houla a suscité un tollé international. Plusieurs pays occidentaux, dont la France, le Royaume-Uni, les États-Unis et le Canada, ont décidé mardi d'expulser les diplomates syriens présents sur leur territoire en signe de protestation.

Selon le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Hervé Ladsous, de forts soupçons laissent penser que le massacre a été commis par des combattants pro-gouvernementaux.

«Nous sommes à un point tournant», a déclaré mardi l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie, Kofi Annan, devant les journalistes à Damas, après une rencontre avec le président syrien Bachar el-Assad. «Le peuple syrien ne veut pas que l'avenir soit fait de bains de sang et de divisions.»

Le rapport du Haut Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU affirme que la plupart des victimes de Houla ont été exécutées sommairement et que moins de 20 des 108 victimes ont été tuées par des tirs d'artillerie des forces gouvernementales.

Des témoins et des survivants ont imputé ces exécutions aux «chabiha», des miliciens pro-gouvernementaux qui jouent le rôle d'hommes de main pour le régime, ajoute le rapport.

«Ce qui est très clair, c'est qu'un événement absolument abominable s'est produit à Houla, et une partie substantielle de cet événement était constituée d'exécutions sommaires de civils, de femmes et d'enfants», a déclaré Rupert Colville, porte-parole du Haut Commissariat aux droits de l'homme. «Il semble que des familles entières aient été abattues chez elles», a-t-il ajouté.

Des militants de la région de Houla joints par Skype ont affirmé que les troupes gouvernementales avaient pilonné la zone vendredi après des manifestations antigouvernementales et des affrontements avec des rebelles.

Plus tard, des «chabiha» des villages environnants ont envahi la zone, ont poignardé des civils et en ont tué d'autres à bout portant.

Des vidéos diffusées sur Internet par des militants montrent des explosions à Houla, des corps démembrés abandonnés dans les rues et des dizaines de corps alignés en attendant leur enterrement dans une fosse commune. Dans certaines vidéos, on peut voir des dizaines d'enfants inanimés, dont certains présentent des blessures bien visibles.

Le régime syrien a nié toute implication dans le massacre, qu'il a attribué à des «terroristes armés» qui auraient attaqué des positions militaires dans la zone et tué des civils innocents. Mais le régime n'a fourni aucune preuve pour appuyer ces allégations et n'a donné aucun bilan du massacre.

Les enquêteurs de l'ONU ont découvert des obus d'artillerie et de chars à Houla après l'attaque, mais ne sont pas allés jusqu'à blâmer le régime.

Selon les Nations unies, 108 personnes, dont 34 femmes et 49 enfants, ont été tuées dans l'attaque qui a commencé vendredi et qui s'est poursuivie pendant la nuit dans des villages pauvres d'agriculteurs situés au nord-ouest de Homs, dans le centre de la Syrie.

PLUS:pc