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Syrie: la France n'exclut pas une intervention militaire sous mandat de l'ONU

29/05/2012 02:51 EDT | Actualisé 29/07/2012 05:12 EDT

PARIS - Le président français n'a pas exclu mardi l'hypothèse d'une intervention militaire en Syrie, mais à condition qu'elle se fasse dans le cadre d'un mandat des Nations unies, à l'instar de l'opération menée en Libye en 2011.

Les États-Unis sont quant à eux toujours opposés à une intervention militaire en Syrie, estimant que cela ne ferait qu'aggraver le bain de sang.

Le porte-parole de la Maison-Blanche, Jay Carney, a déclaré mardi que l'administration Obama continuerait d'offrir une assistance «non létale» au peuple syrien. M. Carney a précisé qu'après le massacre de Houla, les États-Unis travaillaient avec leurs alliés pour décider des mesures éventuelles à prendre, sans toutefois donner de détails sur ce que ces mesures pourraient inclure.

En France, le président François Hollande a évoqué la possibilité d'une intervention militaire lors d'une entrevue avec la chaîne France-2.

«J'entendais (le philosophe) Bernard-Henri Lévy évoquer une intervention armée: elle n'est pas exclue à condition qu'elle se fasse dans le respect du droit international, c'est-à-dire par une délibération du Conseil de sécurité» des Nations unies, a déclaré M. Hollande.

Le philosophe, qui a fait partie des principaux défenseurs d'une intervention militaire contre le régime de Mouammar Kadhafi en Libye, a appelé le président français à «prendre l'initiative en Syrie» sur le modèle de l'action internationale en Libye.

«À moi, à d'autres, de convaincre Russes et Chinois, mais aussi de trouver une solution qui ne serait pas forcément militaire», a ajouté le président Hollande, qui doit rencontrer le président russe Vladimir Poutine vendredi à Paris.

La Russie et la Chine, membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU avec la France, le Royaume-Uni et les États-Unis, ont bloqué jusqu'ici tout projet de résolution des Nations unies condamnant explicitement le régime de Bachar al-Assad.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a accusé mardi des pays non précisés de vouloir utiliser le massacre de Houla «comme prétexte pour prendre des mesures militaires».

Plusieurs pays occidentaux ont annoncé mardi l'expulsion de diplomates syriens après le massacre de 108 civils vendredi à Houla, en Syrie.

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