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Syrie: Annan appelle Assad à "agir maintenant" pour mettre fin aux violences

29/05/2012 01:40 EDT | Actualisé 29/07/2012 05:12 EDT

Le médiateur international Kofi Annan a appelé mardi le président syrien Bachar al-Assad, qu'il a rencontré à Damas, à "agir maintenant" pour mettre fin aux violences, parlant de "moment charnière".

"Nous sommes à un moment charnière", a-t-il ajouté, faisant valoir que "la communauté internationale allait sans tarder réexaminer la situation".

"J'ai besoin que le président (Assad) agisse maintenant, et que les autres parties fassent leur part du travail", a déclaré M. Annan lors d'une conférence de presse à Damas.

"Je l'ai appelé à prendre des mesures courageuses maintenant -- pas demain, maintenant -- pour créer les conditions nécessaires à la mise en oeuvre du plan" de sortie de crise, a-t-il ajouté.

"Cela signifie que le gouvernement et toutes les milices qu'il soutient pourraient cesser toutes les opérations militaires et faire preuve de la plus grande retenue possible", a ajouté l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie.

Un haut responsable de l'ONU a affirmé mardi avoir de "forts soupçons" sur l'implication des "chabbiha", des miliciens pro-régime, dans le massacre de Houla, dans le centre de la Syrie, qui a déclenché un tollé et fragilisé le plan de paix de Kofi Annan.

"J'ai pressé le président de respecter la liberté de manifester pacifiquement, et de permettre aux gens d'exprimer leurs points de vue sans crainte", a ajouté M. Annan. "Je lui ai demandé également d'user de son pouvoir pour libérer les détenus".

"Nous devons commencer à raviver l'espoir d'une transition politique vers un avenir démocratique en Syrie, où toutes les communautés auront leur place", a-t-il martelé.

En outre, M. Annan a appelé "l'opposition armée à cesser les actes de violence, (..) et tous les Etats qui ont de l'influence à faire pression (..) pour les faire cesser, y compris les violations des droits humains".

M. Annan qui effectue depuis lundi une visite à Damas, la deuxième depuis sa nomination il y a trois mois, a rencontré des opposants et des figures de la société civile.

Sa visite intervient trois jours après le massacre de Houla, où 108 personnes ont été tuées, qui a suscité une condamnation du Conseil de sécurité.

La trêve instaurée théoriquement le 12 avril en vertu du plan Annan semble de plus en plus caduque avec des dizaines de morts quotidiennement, malgré le déploiement d'observateurs de l'ONU chargés de la surveiller.

En 14 mois, les violences ont fait plus de 13.000 morts, dont plus de 1.800 depuis le début de la trêve, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme.

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