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Statoil Fuel & Retail: Couche-Tard menace de retirer son offre d'achat

29/05/2012 11:33 EDT | Actualisé 29/07/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Alimentation Couche-Tard (TSX:ATD.B) menace de retirer son offre d'achat de 2,7 milliards $ pour le détaillant norvégien Statoil Fuel & Retail (SFR) si les actionnaires de ce dernier n'appuient pas rapidement la transaction proposée.

Dans un communiqué publié mardi, l'entreprise lavalloise a indiqué qu'elle prolongeait son offre pour la deuxième fois, cette fois-ci jusqu'au 8 juin, 17 h 30 (heure de Norvège).

Le grand patron de Couche-Tard, Alain Bouchard, a dit comprendre que certains actionnaires tardaient à déposer leurs actions pour éviter que celles-ci soient bloquées jusqu'à la clôture de la transaction ou dans l'espoir que l'offre soit bonifiée.

Couche-Tard a toutefois répété mardi qu'il n'était pas question d'augmenter le prix offert, soit 51,20 couronnes norvégiennes par action de SFR.

«Nous croyons fermement que notre offre payable en espèces fournit la pleine valeur et est la meilleure transaction pour toutes les parties prenantes de Statoil Fuel & Retail, y compris les actionnaires, les employés et les clients», a soutenu M. Bouchard.

Affirmant que «la fin (du) processus» approche et qu'elle agira dans le meilleur intérêt de ses propres actionnaires, l'entreprise a tenu à rappeler qu'elle se réservait le droit de laisser expirer son offre, ce qui mettrait fin au projet d'acquisition.

«Bien que cette acquisition reste notre transaction privilégiée, nous restons actifs sur d'autres options», a insisté Alain Bouchard.

Pour Peter Sklar, analyste chez BMO Marchés des capitaux, cela signifie que Couche-Tard examine d'autres acquisitions en parallèle et que la date-butoir pour prendre une décision quant à ces projets potentiels approche.

L'entreprise n'a pas précisé mardi le pourcentage d'actions qui ont été déposées jusqu'ici en réponse à son offre. La semaine dernière, 66,7 pour cent des actions de SFR avaient été déposées, ce qui comprend le bloc de 54 pour cent détenu par le géant pétrolier étatique Statoil. Couche-Tard souhaite atteindre le seuil de 90 pour cent des actions.

Malgré les difficultés auxquelles est confronté Couche-Tard dans ce dossier, l'analyste Keith Howlett, de Valeurs mobilières Desjardins, reste optimiste. Il place toujours à 75 pour cent la probabilité que la transaction se concrétise.

«La croissance de Couche-Tard au cours des 30 dernières années s'explique en partie par sa discipline en matière d'acquisitions, a-t-il souligné dans une note. Un tel succès dénote une habileté à bien cibler les entreprises et les marchés, à négocier des prix d'achat qui laissent une marge de manoeuvre et à bien intégrer les acquisitions. C'est en raison de cette feuille de route exceptionnelle que les banques ont accepté de consentir à Couche-Tard un financement par emprunt à un taux très attrayant pour couvrir 100 pour cent de l'acquisition de SFR.»

Au moins deux analystes scandinaves ont avancé au cours des deux dernières semaines la possibilité que Couche-Tard fasse passer à 56 couronnes par action, voire 58 couronnes, son prix pour SFR. Or, relève l'entreprise québécoise, en raison de l'incertitude économique, le cours des actions européennes a reculé de façon notable depuis le dévoilement de son offre pour SFR, le mois dernier.

Statoil Fuel & Retail, une ancienne division de Statoil, exploite environ 2300 stations-service en Norvège, en Suède, au Danemark, en Lettonie, en Estonie, en Lituanie, en Pologne et en Russie et emploie quelque 18 500 personnes

L'action de Couche-Tard a reculé de 0,5 pour cent mardi et a clôturé à 40,42 $, à la Bourse de Toronto.

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