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Conflit étudiant : le SPVQ justifie son opération de la veille

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Des manifestants à Québec, le 28 mai 2012. (Capture d'écran)
Des manifestants à Québec, le 28 mai 2012. (Capture d'écran)

Le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) défend sa décision d'avoir interpellé des dizaines de manifestants devant l'édifice où se déroulaient les négociations entre le gouvernement et les associations étudiantes, lundi soir. Les leaders étudiants, eux, ont unanimement décrié l'intervention policière.

Les policiers ont interpellé 84 personnes, dont deux négociateurs de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), en vertu du Code de la sécurité routière, et leur ont remis des constats d'infraction.

En entrevue à RDI, la porte-parole de la SPVQ, Sandra Dion, a fait valoir que la manifestation avait été déclarée illégale et que les manifestants avaient reçu des avertissements répétés. Sur 29 soirs de manifestations nocturnes organisées à Québec, celle de lundi était la deuxième déclarée illégale.

« Hier soir, l'un des responsables du Service de police de Québec a pris un porte-voix, a avisé les gens qu'à partir du moment où ils ne donnaient pas l'itinéraire, ça devenait une manifestation illégale et que si ces derniers décidaient d'emprunter la voie publique, il y aurait un constat d'infraction émis », a expliqué Mme Dion. « On a demandé aux gens de marcher sur le trottoir pour la sécurité de tout le monde », a-t-elle ajouté.

L'objectif du SPVQ, soutient-elle, était de « bien encadrer les manifestants pour leur sécurité et pour [celle] des gens de l'extérieur » et de s'assurer qu'aucun véhicule ne soit au même endroit.

Elle a par ailleurs indiqué qu'on « ne parle pas d'arrestations, qui se font en vertu du Code criminel, on parle d'interpellations ».

« Les policiers, hier, ont fait preuve d'une grande patience, ont donné plusieurs avis avant d'intervenir, et les gens étaient en connaissance de cause. [...] Les gens qui ont décidé de rester sur place, c'est parce qu'ils ont fait le choix. », a dit Sandra Dion, porte-parole du SPVQ.

Avant le conflit étudiant, les initiateurs des manifestations organisées devant l'Assemblée nationale « donnaient l'itinéraire [à la police] des jours voire des semaines à l'avance », dit-elle. « Le Service de police de Québec, depuis le début du conflit étudiant, acceptait l'itinéraire à toute dernière minute », ajoute-t-elle, évoquant une « très belle collaboration » entre les deux parties.

La porte-parole du SPVQ n'a pas précisé pourquoi les policiers avaient attendu que les manifestants soient rendus devant le 150, René-Lévesque, avant de les interpeller.

Des arrestations dénoncées par les leaders étudiantes

Les trois leaders étudiants ont par ailleurs unanimement dénoncé l'opération policière, menée au moment même où les leaders étudiants sortaient de la rencontre.

« Ce n'est pas le genre d'évènement qui renforce le lien de confiance, qui instaure un climat propice au dialogue », a déploré le coporte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois, qui a dénoncé des arrestations arbitraires.

M. Nadeau-Dubois a précisé que les deux négociateurs de la CLASSE arrêtés sur les lieux, Philippe Lapointe et Justin Arcand, ont été rapidement libérés, sans recevoir de constats d'infraction.

Il a défendu la décision de M. Lapointe de se faire arrêter alors qu'il participe aux négociations. Il soutient que le négociateur de la CLASSE ne voulait pas profiter d'un privilège et que sa décision de se faire arrêter comme les autres était « noble ».

La présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Martine Desjardins, a de son côté parlé d'arrestations « déplorables » et s'est demandé pourquoi la police avait agi à ce moment et à cet endroit précis, alors que la manifestation avait été déclarée illégale beaucoup plus tôt. Elle s'est demandé s'il ne s'agissait pas là d'un moyen de mettre de la pression sur les étudiants.

Le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec, Léo Bureau-Blouin, a tenté en vain d'empêcher l'arrestation des 84 manifestants. Il a demandé aux manifestants de se disperser, tout en intercédant en faveur des jeunes arrêtés auprès des policiers.

Les personnes interpellées recevront un constat d'infraction de 494 $.