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Roland-Garros - Brian Baker, l'homme de verre

29/05/2012 08:08 EDT | Actualisé 29/07/2012 05:12 EDT

Pendant des années, le fragile Brian Baker a vu son corps se briser comme de la porcelaine, mais porté par sa foi en lui-même et son talent singulier, l'Américain, adversaire de Gilles Simon mercredi au 2e tour de Roland-Garros, a fini par recoller les morceaux.

La liste de ses blessures est sans fin. Sans elles, cet ancien finaliste des Petits As en 1999 (contre Richard Gasquet), 141e mondial, serait dans le haut du panier.

Mais l'Américain a connu six années blanches pour des opérations multiples et lourdes, d'abord à la hanche gauche en novembre 2005, puis pour une hernie en 2006, avant le le coude droit et les deux hanches dans la seule année 2008.

De quoi en décourager plus d'un. Mais Brian Baker, 27 ans, un temps redevenu simple entraîneur de tennis à la Belmont University de Nashville (Tennessee), sa ville natale, s'est accroché.

"Il n'y a jamais vraiment eu un moment où j'ai pensé à jeter l'éponge", assurait-il lundi soir après sa victoire sur le Belge Xavier Malisse au 1er tour de Roland-Garros, le troisième match de sa carrière seulement en Grand Chelem.

"Quand vous avez autant d'opérations, il faut être réaliste et se dire qu'il faut regarder ce qu'il y a en dehors du tennis. Mais il n'y a jamais eu un moment où je me suis dit: c'est fini", a-t-il insisté.

Complètement inactif entre 2007 et 2011, sorti du classement ATP, il a fait son retour sur le circuit en juillet l'an passé au Future de Pittsburg, qu'il a remporté sans perdre le moindre set.

Mais c'est la semaine dernière à Nice que Baker s'est fait remarquer des non initiés, en atteignant la finale après avoir éliminé, entre autres, Gaël Monfils et le Russe Nikolay Davydenko.

L'Américain admet avoir vécu une "incroyable semaine" sur la côte d'Azur. "Ces dernières semaines, j'ai retrouvé mon jeu, je me sens en bien meilleure santé et je joue un bon tennis."

Pour lui, le succès est rendu "plus doux" par ce qu'il a vécu. "J'ai toujours su que je frappais bien la balle. J'ai toujours eu confiance dans mes capacités. La question c'était juste de savoir si je pouvais m'entraîner suffisamment pour aller au bout d'un tournoi."

Même s'il ne se ressent pas de ses opérations, il doit s'adonner à de longues minutes d'étirements et se couvrir le corps de glace après chaque match. "Vous n'êtes jamais sûr à 100% que ça va tenir. Mais j'ai beaucoup travaillé et j'essaie de prendre soin de mon corps du mieux possible."

Sa science du jeu et sa variété de coups, à rebours du stéréotype du joueur américain surpuissant, voire "bourrin", a en tout cas marqué les esprits.

"Ce qu'il fait, c'est très propre", a noté Simon. "Il joue très bien. Je n'ai pas vu de faiblesse, il sait vraiment tout faire. Je l'ai beaucoup regardé jouer (à Nice). Si je perds, ce ne sera pas parce que je ne suis pas prévenu."

Finaliste à Roland-Garros juniors en 2003 (battu par le Suisse Stanislas Wavrinka), Baker ne peut donc plus compter sur l'effet de surprise. Mais lui ne se soucie que d'une chose: que son corps tienne le coup.

"J'ai joué tant de matches ces deux dernières semaines que je ne bouge probablement pas aussi bien que le premier jour des qualifications à Nice. Mais j'ai un jour de repos demain (mardi) et je serai prêt mercredi."

cyb/chc

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