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Quatre-vingt-quatre arrestations pendant les négociations à Québec

29/05/2012 12:31 EDT | Actualisé 28/07/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Alors que les négociations entre le gouvernement québécois et les associations étudiantes ont repris leurs cours, des milliers de Québécois sont redescendus dans les rues pour faire entendre leur insatisfaction, lundi soir.

La soirée s'est déroulée sans incident sauf à Québec où 84 manifestants ont été interpellés après avoir été pris en souricière alors qu'ils marchaient pacifiquement devant l'immeuble où se déroulaient les négociations. Ils ont été interpellés pour avoir contrevenu à l'article 500.1 du Code de la sécurité routière, selon Marie-Ève Painchaud, du Service de police de la ville de Québec. Ils ont été amenés un à un dans des autobus du Réseau de transport de la Capitale. Aucun acte de violence n'avait été commis par des manifestants.

Le premier à être interpellé est un homme qui semblait ne vouloir que parler au président de la FECQ, Léo Bureau-Blouin, qui sortait de l'édifice à ce moment-là. D'ailleurs, M. Bureau-Blouin, qui a été accueilli comme un véritable héros par les manifestants, a tenté de venir à leur rescousse. Mais, alors qu'il tentait de persuader des manifestants de se disperser en disant que les policiers les laisseraient s'en aller, les agents procédaient à d'autres interpellations. Après s'être excusé auprès des gens, il s'est dit déçu de ne pas avoir pu les aider.

Deux négociateurs de la CLASSE, Philippe Lapointe et Justin Arcand, figureraient parmi les personnes interpellées, a confirmé l'association, sur son compte twitter. M. Lapointe a été relâché mais pas M. Arcand, selon la CLASSE. Une autre source laissait croire que seul un des négociateurs avait été interpellé.

Les 84 personnes qui sont passées par le poste de police recevront, par la poste, une contravention de 494 $, incluant les frais, a précisé l'agente Painchaud.

En début de soirée, lundi, plusieurs manifestations étaient annoncées sur le compte twitter #casserolesencours, particulièrement dans la région métropolitaine. Mais, on faisait état d'invitations dans des villes plus éloignées comme Rimouski, Gatineau ou Joliette.

A Montréal, certaines manifestations ressemblaient aux précédentes. Les gens se rassemblent, entreprennent leur concert avant de marcher dans les rues. Et la marée humaine semble se gonfler au fur et à mesure que les minutes s'égrènent. Les marcheurs s'assoient parfois dans la voie publique. Ainsi dans le quartier Villeray à l'intersection des rues Jarry/Saint-Denis. Ainsi dans le quartier Rosemont, sur la rue Masson. Ainsi sur le Plateau Mont-Royal. Ainsi dans l'arrondissement Verdun. Ainsi dans Hochelaga-Maisonneuve.

Plusieurs milliers de personnes ont entrepris la 35e manifestation nocturne consécutive à partir du parc Émilie-Gamelin. Comme à l'accoutumée, le Service de police de la ville de Montréal a déclaré la manifestation illégale avant son départ parce qu'aucun itinéraire avait été remis aux autorités, contrevenant au règlement municipal P-6. La foule a applaudi l'annonce en dérision. Les gens, très bruyants, marchaient parfois à contre-sens de la circulation, déambulant au hasard des rues.

En banlieue de Montréal, on faisait état de manifestations dans plusieurs dizaines de villes, dont Repentigny, Beloeil, Longueuil et Laval.

A Québec, plusieurs manifestations se sont déroulées dans le quartier Saint-Sauveur, à Sillery, à Limoilou et devant l'Assemblée nationale. Celle qui est partie de l'Assemblée nationale a été déclarée illégale parce que les quelque 250 participants ont refusé de donner l'itinéraire à la suite d'un vote à main levée.

On rapportait aussi des tintamarres dans les quatre coins du Québec, de Matane à Gatineau, de Sherbrooke à Trois-Rivières et à Sept-Iles.

Il était impossible de déterminer le nombre de protestataires dans les rues de la province puisqu'il était impossible de déterminer le nombre de manifestations.

Le mouvement des casseroles pourrait s'étendre au Canada au cours des prochains jours. Un site Internet, rabble.ca, a appelé les Canadiens à montrer «leur solidarité en faisant entendre un tintamarre de casseroles.» S'il est fait mention de la loi 78 et de la hausse de frais de scolarité, les organisateurs espèrent que le mouvement pourrait également s'en prendre au gouvernement fédéral.

Quelque 300 juristes sans affiliation particulière — notaires et avocats — ont lancé la soirée de protestations dès 18 h 30 en quittant le palais de justice de Montréal pour une marche silencieuse qui les a menés à la place Émilie-Gamelin. Plusieurs des manifestants portaient leur toge. Certains avaient accroché un carré rouge à leur vêtement. Ils ont été applaudis par de nombreux badauds qui les remerciaient. Et ils ont été ovationnés par les centaines de personnes à leur arrivée au parc Émilie-Gamelin.

L'un des participants à la manifestation, Bruno Grenier, a raconté qu'il marchait contre la loi 78 parce qu'elle était «injuste et probablement inconstitutionnelle». Celui qui exerce le droit depuis presque 30 ans a ajouté que c'était sans doute la première fois qu'il voyait des juristes protester en public.

À Montréal, les derniers marcheurs se sont dispersés peu avant minuit. Personne n'a été arrêté lundi soir.

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