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Plusieurs pays expulsent les diplomates syriens en réaction au massacre de Houla

29/05/2012 01:56 EDT | Actualisé 29/07/2012 05:12 EDT

PARIS - Plusieurs pays ont décidé mardi d'expulser les diplomates syriens en poste sur leur territoire après le massacre de 108 personnes vendredi à Houla, dans le centre-ouest de la Syrie.

La France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, les États-Unis, le Canada et l'Australie ont décidé d'expulser les diplomates syriens en réaction au massacre.

Paris a décidé d'expulser l'ambassadrice Lamia Chakkour après des consultations avec le premier ministre britannique David Cameron et le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, a expliqué le président François Hollande.

Des responsables britanniques ayant requis l'anonymat ont également annoncé mardi l'expulsion de trois diplomates syriens à la suite du massacre de Houla. Le chargé d'affaires Ghassan Dalla, le plus haut diplomate syrien à Londres, figure parmi les personnes visées. L'ambassadeur de Syrie a quitté le pays en mars et le Royaume-Uni a fermé son ambassade en Syrie, tout comme les États-Unis.

L'Allemagne a de son côté annoncé que l'ambassadeur syrien, Radwan Loufti, avait 72 heures pour quitter le pays. Le chef de la diplomatie allemande, Guido Westerwelle, a affirmé que son pays et ses alliés espéraient «que ce message sans équivoque» aurait un impact à Damas.

Le ministère italien des Affaires étrangères a annoncé que l'ambassadeur syrien Khaddour Hassan avait été convoqué au ministère pour être informé qu'il devait partir.

L'Espagne a également fait savoir qu'elle donnait trois jours à l'ambassadeur syrien Hussam Edin Aala et à quatre autres diplomates établis à Madrid pour quitter le pays.

Au Canada, le ministre des Affaires étrangères, John Baird, a annoncé dans un communiqué que les diplomates syriens et leurs proches avaient cinq jours pour quitter le pays. Un autre diplomate syrien qui était attendu au Canada se verra refuser l'entrée sur le territoire.

«Le régime Assad poursuit sans relâche une campagne de violence barbare qu'il convient de condamner», peut-on lire dans la déclaration écrite du ministre Baird.

Le ministre australien des Affaires étrangères, Bob Carr, a pour sa part annoncé à Canberra l'expulsion de deux diplomates syriens, dont le plus haut responsable syrien dans le pays, le chargé d'affaires Jawdat Ali. Ils disposeront de 72 heures pour quitter l'Australie. «C'est le moyen le plus efficace de faire part de notre dégoût concernant ce qui s'est passé en Syrie», a-t-il dit.

Le chargé d'affaires de l'ambassade syrienne à Washington a également trois jours pour quitter le territoire américain, selon le département d'État, qui tient «le gouvernement syrien responsable du massacre de vies innocentes». La Syrie n'a pas d'ambassadeur aux États-Unis depuis le départ du diplomate l'an dernier pour un autre poste.

L'ambassadeur de Syrie aux Pays-Bas a été déclaré persona non grata mais n'a pas été expulsé parce qu'il représente aussi son pays en Belgique. La Suède a quant à elle expliqué qu'elle ne voulait pas compromettre sa représentation diplomatique en Syrie afin de garder des contacts sur place.

Dans la nuit de dimanche à lundi, le Conseil de sécurité des Nations unies a condamné à l'unanimité le massacre de villageois dans le secteur de Houla, qui a fait 108 morts, dont 49 enfants et 34 femmes, selon les observateurs de l'ONU présents sur place.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme, une organisation militante, a accusé les forces du régime de Bachar el-Assad d'avoir perpétré cette attaque, l'une des plus meurtrières depuis le début du mouvement de contestation contre le régime, à la mi-mars 2011.

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