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Ottawa réagit au massacre de Houla en expulsant des diplomates syriens

29/05/2012 08:23 EDT | Actualisé 29/07/2012 05:12 EDT

OTTAWA - Le Canada s'est associé mardi à plusieurs de ses alliés à travers le monde en expulsant des diplomates syriens, alors que les retombées du massacre de Houla isolent de plus en plus le régime de Bachar al-Assad.

Le ministre des Affaires étrangères, John Baird, a expliqué que le Canada avait choisi de chasser des diplomates syriens dans la foulée de ce massacre, le week-end dernier, qui, selon les Nations unies, a fait au moins 108 morts — dont 49 enfants et 34 femmes. Il s'agit d'un des épisodes les plus sanglants du soulèvement de 15 mois contre le régime al-Assad.

Le Canada a pris part à cette offensive diplomatique coordonnée avec les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Australie, la France, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, la Bulgarie et les Pays-Bas, au moment où les Nations unies précisaient que des dizaines d'enfants et d'adultes ont été abattus à bout portant chez eux. Le rapport n'identifie pas les assaillants.

À Ottawa, mardi, une foule peu nombreuse mais très bruyante s'était rassemblée devant l'ambassade syrienne, pendant que des policiers de la Gendarmerie royale du Canada montaient la garde sur le trottoir.

M. Baird a réitéré l'intention du Canada d'isoler Bachar el-Assad et son régime. Il a précisé que les diplomates syriens toujours en poste au pays ont cinq jours pour partir. Comme c'est le cas dans de nombreux pays, le principal diplomate syrien présent au Canada est un chargé d'affaires plutôt qu'un ambassadeur.

De plus, un autre diplomate syrien qui attendait son admission au Canada sera maintenant refusé.

M. Baird a déclaré que les Canadiens, comme les autres habitants de la planète, ont été horrifiés par les détails de ce massacre, notamment la mort de plus de 30 enfants âgés de moins de 10 ans.

«Le Canada et ses partenaires s'expriment d'une voix unique et forte, en déclarant que ces représentants de la Syrie ne seront pas les bienvenus tant que leurs maîtres à Damas continuent de perpétrer leurs actes haineux et meurtriers, a dit M. Baird. La violence doit cesser immédiatement et le peuple syrien doit avoir la liberté de poursuivre un avenir meilleur. Le Canada demeure déterminé à collaborer avec la communauté internationale pour trouver une issue à cette crise.»

Le Royaume-Uni a indiqué que de nouvelles sanctions contre la Syrie seront étudiées. Le secrétaire britannique des Affaires étrangères, William Hague, a prévenu que la Russie — qui appuie la Syrie — fera l'objet d'une pression accrue après les événements de mardi.

«Nous continuerons à en discuter avec la Russie. La Russie jouit d'une influence particulière sur le régime (syrien) et doit donc jouer un rôle particulier dans cette crise», a-t-il dit.

M. Hague estime que les événements en Syrie sont plus complexes que ceux en Libye l'an dernier, quand des frappes aériennes approuvées par le Conseil de sécurité des Nations unies avaient éventuellement mené à la chute du régime de Mouammar Khadafi.

Le ministre canadien de la Défense, Peter MacKay, a refusé de se prononcer quant à l'éventualité de voir le Conseil de sécurité agir à l'unanimité, en raison du veto dont disposent la Russie et la Chine.

«La Chine et la Russie, en particulier, ont été très réticents à accepter une résolution du Conseil de sécurité, à tout le moins une résolution qui refléterait des efforts similaires pour mettre fin à la violence. Mais nous continuons à faire pression avec nos partenaires», a déclaré M. MacKay mardi.

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