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Négociations "fragiles" entre gouvernement québécois et étudiants

29/05/2012 11:12 EDT | Actualisé 29/07/2012 05:12 EDT

La ministre québécoise de l'Education et les dirigeants étudiants devaient reprendre mardi après-midi leurs négociations "fragiles", alors que le gouvernement semblait se donner jusqu'au lendemain soir pour arrêter sa position dans le conflit étudiant.

Le Premier ministre québécois Jean Charest a fait un geste symbolique en participant pendant une heure aux pourparlers entamés lundi à Québec, aux côtés de la ministre Michelle Courchesne. Sa présence a été gardée secrète et n'a été révélée que mardi par des fuites dans les médias canadiens.

C'est la première fois depuis le début du différend sur les frais de scolarité début février que M. Charest rencontrait face à face les dirigeants étudiants, avec qui il a discuté directement. Il avait jusqu'à présent refusé de "s'asseoir" avec eux, ce qui lui avait été reproché par l'opposition.

La "fragilité" des pourparlers a été évoquée lundi soir par un des leaders étudiants, Léo Bureau-Blouin, pour appeler à la dispersion d'un groupe de manifestants rassemblés devant le bâtiment où il venait d'avoir, avec ses camarades, près de huit heures de pourparlers avec les négociateurs du gouvernement.

"Vous savez que le climat est fragile avec le gouvernement. Vous savez que ce n'est pas facile. Je voudrais éviter qu'il y ait des arrestations. Il faut protéger le processus des négociations", a dit M. Bureau-Blouin.

"L'argument qu'on a donné (aux policiers), c'est qu'on est proche d'en arriver à un règlement, donc il faut éviter que ça dérape", a-t-il ajouté.

C'étaient à peu près les seules indications sur l'ambiance de cette rencontre qui devait reprendre mardi à 13H00 (17H00 GMT). Les participants se sont mis d'accord pour ne rien en dire en public.

L'intervention de M. Bureau-Blouin auprès de la police, à qui il avait demandé de renoncer à arrêter les manifestants, n'a pas réussi et 84 jeunes ont été menottés, placés dans des autobus et punis d'une amende de plus de 400 dollars pour "entrave à la circulation", une infraction au code de la route.

Du coup, l'optimisme prudent entourant la première rencontre entre gouvernement et étudiants depuis l'adoption, le 18 mai dernier, de la loi spéciale limitant la liberté de manifester, a quelque peu faibli.

Avant le début des pourparlers, les deux parties ont affirmé vouloir éviter toute précipitation et prendre le temps qu'il faudra pour trouver une solution.

Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole du syndicat étudiant le plus radical, la Classe, l'a confirmé mardi matin. "On a eu une première journée de négociations hier, il va y en avoir une autre aujourd'hui. Les discussions vont peut-être se poursuivre demain", a-t-il dit.

"Ce que nous a dit la ministre, et là-dessus on s'entend, c'est qu'on va prendre le temps qu'il faut pour mener les discussions. Pour le moment, nous, on n'a pas senti de pression", a ajouté M. Nadeau-Dubois.

Mais, selon des fuites de source gouvernementale rapportées mardi dans le quotidien La Presse, le gouvernement a prévu de tenir une "réunion spéciale" mercredi soir.

Selon l'usage, une telle réunion débouche sur l'annonce de décisions importantes, ce qui semble indiquer que M. Charest compte présenter publiquement une nouvelle proposition pour régler le conflit. Reste à savoir si les pourparlers avec les étudiants d'ici là permettront de parvenir à un consensus.

En marge du conflit, M. Nadeau-Dubois a comparu mardi matin devant la justice pour répondre à une accusation d'outrage à magistrat: il a conseillé aux étudiants de ne pas obéir à une injonction judiciaire ordonnant la reprise des cours. Le jeune homme, qui risque une amende pouvant atteindre cinquante mille dollars, voire un an de prison, a plaidé non coupable.

via/jl/sf

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