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L'Iran affirme avoir produit un anti-virus capable de neutraliser Flame

29/05/2012 05:55 EDT | Actualisé 29/07/2012 05:12 EDT

L'Iran est parvenu à produire un antivirus capable d'identifier et détruire "Flame", un nouveau virus informatique utilisé comme "cyber-arme", a affirmé le Centre de coordination iranien pour la lutte contre les attaques informatiques.

Le centre Maher, dépendant du ministère iranien des Télécommunications, a "réussi à identifier le virus Flame puis à préparer un anti-virus capable de l'identifier et de l'éliminer", selon un communiqué posté sur le site de cette organisation.

Cet anti-virus "est à la disposition des organes et des administrations qui en font la demande", ajoute le communiqué qui n'indique pas quand ni comment le virus à été découvert, ni quels dégâts il aurait déjà pu faire en Iran.

L'agence Fars a affirmé de son côté mardi, citant le centre Maher, que Flame était "responsable du vol d'informations à grande échelle au cours des dernières semaines", sans préciser quels types de données avaient été piratées ni où.

Le porte-parole des Affaires étrangères Ramin Mehmanparast a rejeté mardi la responsabilité de cette attaque sur "certains pays ou régimes illégitimes capables de produire des virus portant atteinte à tous les pays", une allusion à Israël et aux Etats-Unis accusés par Téhéran d'être derrière de précédentes attaques informatiques.

L'éditeur russe de logiciels antivirus Kaspersky Lab a annoncé avoir identifié Flame comme un nouveau virus d'espionnage informatique dépassant "toutes les autres cybermenaces connues à ce jour", ajoutant qu'il avait été utilisé comme une "cyber-arme" contre plusieurs pays non identifiés.

Selon Fars, Flame serait "particulièrement actif" en Iran, au Soudan, en Syrie, en Israël, en Arabie saoudite et en Egypte.

Ce virus serait "vingt fois plus important que Stuxnet", détecté en 2010 et utilisé notamment contre le programme nucléaire iranien, selon la compagnie russe.

Flame "peut voler des informations importantes, pas uniquement contenues dans les ordinateurs, des informations sur des systèmes visés, des documents archivés, des contacts d'utilisateurs et même des enregistrements audio de conversations", a-t-elle ajouté.

L'Iran a été la cible, depuis deux ans, de plusieurs attaques informatiques à grande échelle.

Après "Stuxnet", destiné à détruire des moteurs électriques pilotés par ordinateur comme ceux utilisés par les centrifugeuses enrichissant l'uranium du programme nucléaire iranien, Téhéran a dû se défendre contre "Duqu", destiné à collecter des informations visant à faciliter de nouvelles attaques contre les sytèmes informatiques.

En avril, le ministère du Pétrole, dont les ressources sont essentielles pour l'Iran, a annoncé avoir été victime d'une cyber-attaque contre des ordinateurs pilotant certaines de ses activités, notamment sur son principal terminal pétrolier à Kharg.

Le ministère a affirmé avoir réussi à circonscrire le virus, apparemment conçu pour détruire des fichiers et les disques durs des ordinateurs, sans que la production ou l'exportation de pétrole ait été affectée.

L'Iran a accusé à plusieurs reprises Israël et les Etats-Unis, ses deux ennemis déclarés, d'être derrière ces attaques et notamment celle de Stuxnet.

Le ministre israélien des Affaires stratégiques Moshé Yaalon, sans admettre ouvertement une responsabilité d'Israël, a estimé mardi que le recours à des cyber-armes comme Flame "était justifié pour stopper la menace iranienne".

sgh-lma/sw

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