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L'Iran accuse l'Arabie saoudite de déstabiliser le marché pétrolier

29/05/2012 12:17 EDT | Actualisé 29/07/2012 05:12 EDT

L'Iran a accusé mardi l'Arabie saoudite de "créer l'instabilité" sur le marché pétrolier en augmentant sa production, comme elle l'a fait régulièrement ces derniers mois pour compenser les sanctions occidentales contre le pétrole iranien.

"L'accroissement de leur production par certains membres de l'Opep, particulièrement l'Arabie saoudite, va créer de l'instabilité sur le marché et entraîner une baisse des prix qui est à l'opposé des objectifs" du cartel, a déclaré le représentant de l'Iran auprès de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, Mohammad al-Khatibi, cité par l'agence Shana.

"Les membres de l'Opep devraient respecter les décisions prises lors de leurs réunions", et "laisser le marché déterminer les prix du pétrole en évitant les décisions unilatérales", a-t-il ajouté.

L'Iran a dénoncé à plusieurs reprises depuis le début de l'année les hausses de production décidées notamment par l'Arabie saoudite pour atténuer l'impact de l'embargo contre le pétrole iranien décidé en janvier par l'Union européenne.

La production saoudienne a augmenté de 250.000 barils par jour (b/j) depuis le dernier trimestre 2011, pour s'établir à 9,9 millions de barils par jour (mbj) en avril, selon les estimations de l'Opep.

Parallèlement, du fait des sanctions notamment, la production de l'Iran aurait baissé de plus de 300.000 b/j durant la même période, pour tomber à 3,2 mbj en avril, son plus bas niveau depuis 20 ans, selon la même source.

Les autorités iraniennes, qui soutiennent officiellement que les sanctions n'ont pas d'impact, ont démenti ces chiffres en annonçant au contraire une hausse de la production à 3,750 mbj.

Le prix du baril a fortement baissé depuis trois mois, tombant aux alentours de 90 dollars ces derniers jours après un pic au-dessus de 110 dollars début mars.

L'Iran, deuxième producteur de l'Opep qui tire le gros de ses recettes en devises de la vente du pétrole, a toujours défendu une politique de prix élevés au sein du cartel.

Il a d'autant plus besoin de vendre son pétrole cher que ses exportations diminuent et que les investissements étrangers ont fortement baissé du fait des sanctions, soulignent plusieurs experts pétroliers à Téhéran.

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