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L'industrie financière doit faire sa part pour restaurer la confiance, dit l'AMF

29/05/2012 03:37 EDT | Actualisé 29/07/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - L'industrie des services financiers doit faire son bout de chemin pour aider à restaurer la confiance du public à son endroit, a plaidé mardi le président-directeur général de l'Autorité des marchés financiers, Mario Albert.

Dans un discours prononcé devant le Cercle de la finance internationale de Montréal, M. Albert a souligné que près de quatre ans après la crise de 2008, la confiance envers les institutions financières demeure fragile.

«Comme on entend davantage parler des fraudes et des anecdotes embarrassantes que des comportements généralement responsables des acteurs de l'industrie des services financiers, le citoyen est susceptible d'être de plus en plus méfiant à l'égard de l'industrie», a-t-il noté.

«Or, notre système financier ne peut fonctionner efficacement sans inspirer aux consommateurs (...) une bonne dose de confiance», a-t-il ajouté.

Même si sa mission première est d'encadrer et de surveiller l'industrie, l'AMF voit comme un «rôle fondamental» la promotion de cette confiance, a insisté Mario Albert.

Pour l'organisme réglementaire, l'une des façons d'atteindre cet objectif est d'encourager les institutions financières à donner le plus d'information possible sur leurs produits et de bien renseigner leurs clients sur les risques liés à l'investissement.

Mais comme les connaissances du public en matière financière demeurent très déficientes, il faut aller plus loin. L'AMF veut donc harmoniser ses efforts d'éducation des investisseurs avec ceux de l'industrie.

«Réglementer l'éducation financière, c'est à mon avis aller trop loin, mais améliorer la coordination entre les différents intervenants, je pense que ça serait souhaitable», a affirmé M. Albert, en précisant que l'industrie et l'AMF se rencontraient une fois par année pour discuter de cette question.

L'AMF doit dévoiler au cours des prochaines semaines la première édition de son «indice de littératie financière», qui permettra de mesurer l'évolution de la situation au fil des ans.

Conflit Québec-Ottawa

Mario Albert a par ailleurs avancé mardi une piste pour dénouer l'impasse Québec-Ottawa dans le dossier de la réglementation des valeurs mobilières. Il a proposé d'ouvrir la porte au gouvernement fédéral au sein des Autorités canadiennes en valeurs mobilières (AVCM), l'organisme dont fait partie l'AMF et les autres commissions provinciales de réglementation du secteur.

«Qu'on vienne renforcer ce forum-là (les ACVM), à la limite pour prévoir un rôle pour le gouvernement fédéral, mais dans la mesure où ça se fait dans le respect des compétences (constitutionnelles)», a-t-il indiqué.

En janvier, le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, a officiellement abandonné son projet de mettre sur pied un organisme pancanadien de réglementation des valeurs mobilières, mais il envisage désormais de créer une entité pour surveiller les «risques systémiques» qui menacent les marchés financiers.

Problèmes financiers

Pour ce qui est des problèmes financiers de l'AMF, aucune piste de solution concrète n'a encore été arrêtée. L'organisme souffre du fait qu'un nombre sans cesse grandissant de transactions s'effectuent sans le recours à un conseiller. Or, une grande partie des revenus de l'AMF provient des tarifs imposés aux conseillers.

«Il n'y a pas moins de risques pour les consommateurs, mais il y a moins de revenus pour l'Autorité», a résumé M. Albert.

Celui-ci a n'a pas exclu la possibilité que l'organisme élargisse sa tarification aux transactions effectuées sans intermédiaire.

Par ailleurs, l'AMF passera l'été à étudier les propositions présentées au cours des derniers mois par divers représentants de l'industrie et des consommateurs concernant le régime québécois d'indemnisation des investisseurs.

«Ça ne sera pas facile», a lancé Mario Albert en faisant allusion à la difficulté de réconcilier les différentes positions dans ce dossier.

L'AMF prévoit faire part au gouvernement de ses recommandations sur le sujet cet automne.

Enfin, M. Albert a accordé son appui à la Chambre de la sécurité financière (CSF), qui fait face à une fronde des banques. Celles-ci contestent le droit de la CSF d'enquêter sur un conseiller qui a commis une faute relative à un produit ou un service bancaire.

«Je pense que sur le fond, la Chambre de la sécurité financière a un bon dossier», a-t-il déclaré.

La CSF est l'organisme québécois d'autoréglementation des professionnels des secteurs des services financiers et des assurances.

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