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Les principaux points de contentieux entre le Soudan et le Soudan du Sud

29/05/2012 07:41 EDT | Actualisé 29/07/2012 05:12 EDT

Le Soudan et le Soudan du Sud ont repris mardi à Addis Abeba les négociations sur leurs différends en suspens depuis l'accès à l'indépendance de Juba. Voici les principaux points de contentieux :

LE PETROLE

Le Soudan du Sud a hérité des trois quarts des ressources pétrolières du Soudan d'avant partition. Mais Juba reste entièrement dépendant des infrastructures du Nord pour acheminer son brut jusqu'à la mer Rouge, et les deux parties ne parviennent pas à s'entendre sur les frais de passage.

Faute d'accord, le Nord avait décidé de prélever une partie du pétrole exporté. Le Sud a en réponse stoppé sa production en janvier et menace de construire un nouvel oléoduc, qui passerait par l'Ethiopie ou le Kenya.

DEMARCATION DE LA FRONTIERE

Au moins un cinquième de la frontière Nord-Sud, longue de quelque 1.800 km, reste contesté. Les zones concernées sont souvent riches en pétrole, minerais ou en terres propices au pâturage.

L'accord de paix signé en 2005 par Juba et Khartoum, qui a ouvert la voie à la partition du Soudan, stipule que la nouvelle frontière doit être celle du 1er janvier 1956, quand le Soudan a acquis son indépendance des Britanniques. Mais les cartes de l'époque coloniale présentent souvent des tracés contradictoires et aucun travail de démarcation sur le terrain n'a vraiment été effectué depuis.

ZONES CONTESTEES

Au-delà du contentieux sur le tracé frontalier, les deux voisins se disputent des régions entières. Parmi elles, celle d'Abyei, grande comme le Liban, et le champ pétrolier de Heglig, au coeur des récents combats qui ont provoqué l'interruption des pourparlers Nord-Sud en avril et fait craindre la reprise d'un conflit généralisé entre les deux voisins.

Un referendum aurait dû se tenir en janvier 2011 dans la région d'Abyei pour déterminer son rattachement au Nord ou au Sud. Mais un contentieux sur les personnes pouvant voter l'a empêché. Les troupes soudanaises ont ensuite, en avril 2011, commencé à occuper la région, forçant quelque 110.000 personnes à fuir. Khartoum s'est dit prêt à s'en retirer, s'il est toutefois reconnu qu'Abyei fait partie intégrante de son territoire.

SECURITE, GROUPES REBELLES

Juba et Khartoum s'accusent de soutenir des groupes rebelles chacune sur le sol de l'autre. Chacune des deux parties nie de tels soutiens. Cette question est considérée comme essentielle pour faire avancer les négociations.

Plusieurs milices opèrent dans les régions pétrolifères du Sud. Au Soudan, les rebelles sont actifs dans les Etats du Darfour, du Khordofan-Sud et du Nil-Bleu.

CITOYENNETE

Au moins 350.000 Sud-Soudanais se trouvent encore au Soudan et des milliers de Soudanais au Soudan du Sud. Nombre d'entre eux sont nés ou ont passé des décennies sur le sol voisin, quand Juba et Khartoum se livraient une sanglante guerre civile. Ils sont devenus des étrangers à l'accès à l'indépendance du Sud.

Depuis l'expiration de la date butoir du 8 avril, avant laquelle ils devaient régulariser leur situation ou partir, de nombreux Sud-Soudanais cherchent à regagner le Sud, mais sont bloqués par les contraintes imposées par Khartoum : le Nord interdit les voyages par bateau sur le Nil, craignant que des rebelles ne les utilisent pour s'approvisionner en armes, et les routes sont trop dangereuses.

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