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Le Printemps arabe réconcilie Moyen-Orient et Occident (islamiste tunisien)

29/05/2012 12:13 EDT | Actualisé 29/07/2012 05:12 EDT

Le chef du parti islamiste tunisien Ennahda, Rached Ghannouchi, a estimé mardi que le Printemps arabe avait réconcilié l'opinion publique arabe avec l'Occident qui "soutenait des dictatures".

Il s'exprimait à l'ouverture à Doha d'un forum sur les relations entre les Etats-Unis et le monde musulman, axé sur les défis du changement politique dans les pays du Printemps arabe, qui s'est traduit par le départ, sous la pression de la rue, des chefs d'Etat de Tunisie, d'Egypte, de Libye et du Yémen.

"C'est un début pour la rectification d'une situation historique avariée où des Etats occidentaux soutenaient des dictatures dans la région et où des peuples haïssaient ces Etats pour leur soutien", a déclaré M. Ghannouchi, cité par l'agence officielle Qna.

La réaction "positive" de l'Occident aux changements politiques, marqués par l'émergence des courants islamistes, "est dans son propre intérêt comme dans celui des peuples de la région", a encore dit le chef d'Ennahda, dont le mouvement a accédé au pouvoir en Tunisie.

"Nous ne voulons plus de relations établies sur des arrangements suspects, mais sur des intérêts communs", a-t-il souligné, estimant que "la politique arabe de l'Occident était erronée car elle défendait uniquement les intérêts occidentaux, en coopération avec des régimes tyranniques".

"La nouvelle donne au Moyen-Orient (...) offre l'occasion d'établir des relations positives entre les Etats-Unis et le monde islamique", a indiqué pour sa part le directeur du Conseil des relations américano-islamiques aux Etats-Unis, Nihad Awadh.

Cité par Qna, il a estimé que "la nouvelle situation constitue un véritable test pour les deux parties".

Les islamistes doivent favoriser "la démocratie (...), l'Etat de droit et l'alternance du pouvoir", et l'Occident est tenu de "soutenir les nouvelles expériences pour les aider à réussir", a-t-il expliqué.

Plus de 200 personnalités venant de 31 pays participent à la 9e édition du Forum, qui avait été lancé dans le but d'améliorer les rapports entre les Etats-Unis et le monde arabo-musulman, mis à mal par les retombées des attentats anti-américains du 11 septembre 2001.

bur/tm/cco

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