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L'armée soudanaise s'est retirée de la région disputée d'Abyei (média proche pouvoir)

29/05/2012 12:41 EDT | Actualisé 29/07/2012 05:12 EDT

L'armée soudanaise s'est retirée mardi de la région d'Abyei, que se disputent Juba et Khartoum, comme le lui avaient demandé les Nations unies, mettant ainsi fin à un an d'occupation, a indiqué un média proche du pouvoir.

"Les forces armées soudanaises (SAF) se sont déployées hors de la région d'Abyei ce soir et elles ont remis le complexe militaire aux forces de paix de l'ONU", a annoncé le Centre des médias soudanais, proche des services de renseignements.

Selon des sources diplomatiques à Khartoum, plus de 300 militaires ont été retirés de ce secteur.

Une source à Abyei qui a refusé d'être identifiée a indiqué que "le retrait a été achevé et la région remise au contrôle de la Force intérimaire de sécurité des Nations unies pour Abyei (FISNUA)". Celle-ci est constituée de quelque 3.700 Casques bleus éthiopiens.

Le retrait est intervenu le jour de la reprise des pourparlers de paix entre le Soudan et le Soudan du Sud --interrompus en avril-- dans la capitale éthiopienne Addis Abeba.

"Le Soudan a décidé de redéployer ses troupes en dehors du secteur d'Abyei afin d'offrir un bon environnement aux discussions", avait déclaré lundi soir le porte-parole de l'armée, Sawarmi Khaled Saad.

Les négociateurs en chef pour le Soudan, Idriss Mohammed Abdel Qadir, et celui pour le Soudan du Sud, Pagan Amum, se sont rencontrés dans la capitale éthiopienne en fin d'après-midi, en présence du médiateur de l'Union africaine, l'ancien président sud-africain Thabo Mbeki, et de l'émissaire américain pour le Soudan et le Soudan du Sud, Princeton Lyman, selon une journaliste de l'AFP sur place.

Avant la reprise de ces négociations, le Soudan du Sud a accusé mardi Khartoum d'avoir lancé de nouveaux bombardements sur trois Etats sud-soudanais -- ceux du Bahr el Ghazal occidental, du Bahr el Ghazal Nord et de l'Unité.

Après de violents affrontements en avril ayant fait craindre une guerre ouverte entre le Soudan et le Soudan du Sud, le Conseil de sécurité de l'ONU avait appelé les deux voisins à cesser les hostilités le long de leur frontière et à reprendre les discussions sur les questions non réglées depuis la sécession du Sud en juillet 2011.

Le Conseil avait aussi exigé du Soudan et du Soudan du Sud qu'ils retirent leurs forces d'Abyei d'ici le 16 mai.

Le Soudan du Sud avait retiré le 10 mai les 700 policiers qu'il maintenait dans cette zone, mais le Soudan avait indiqué le 13 mai qu'il ne retirerait ses forces qu'une fois que serait mise en place une administration conjointe avec Juba pour gérer Abyei.

En vertu d'un accord datant de juin 2011 sur cette région frontalière, Khartoum doit choisir parmi trois candidats présentés par Juba pour diriger Abyei, tandis que Juba doit choisir parmi trois candidats de Khartoum pour le poste de vice-administrateur.

Les tensions n'ont cessé de s'intensifier entre Juba et Khartoum depuis l'indépendance du Sud, notamment sur les questions de la délimitation de la frontière commune, du partage des revenus pétroliers et du statut de zones contestées, comme celle d'Abyei.

it/hj/cco

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