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Grève étudiante: Jean Charest a participé aux négociations avec les étudiants

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JEAN CHAREST MEDIAS ENQUETES FUITES
AFP/Getty Images

Les négociations entre le gouvernement du Québec et les principales associations étudiantes visant à mettre un terme au conflit étudiant, qui dure maintenant depuis 107 jours, ont été suspendues mardi soir et reprendront mercredi.

À leur sortie de la table des discussions vers 22 h 50, les leaders étudiants se sont brièvement adressés aux médias en soulignant que les pourparlers progressaient, tout en laissant entendre que des propositions intéressantes leur avaient été faites.

« On a soumis plusieurs scénarios encore en soirée à la partie gouvernementale et on s'attend à des réponses demain [mercredi] », a déclaré le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin, précisant ne pas connaître l'heure exacte de la reprise des discussions, mais que le représentant du gouvernement, Pierre Pilote, devrait entrer en contact avec eux.

« Si on y est encore, vous comprendrez que c'est parce que, selon nous, ça en vaut la peine. Parce que les discussions progressent et parce qu'il y a eu plusieurs scénarios de déposés sur la table par les différentes parties », a poursuivi le coporte-parole de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), Gabriel Nadeau-Dubois.

Lorsque des journalistes lui ont demandé si une entente était imminente, la présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Martine Desjardins, a répondu qu'ils allaient travailler toute la journée de mercredi. « Donc ça dépend combien d'heures vous voyez comme imminente », a-t-elle lancé.

« Plus que jamais, les organisations étudiantes vont être solidaires entre elles dans un moment critique comme ces négociations. C'est un geste d'unité », a conclu le secrétaire général de la Table de concertation étudiante du Québec (TaCEQ), Paul-Émile Auger, propos accueillis sous une pluie d'applaudissements de la part des manifestants réunis sur place.

La hausse des droits de scolarité abordée

La hausse des droits de scolarité, au coeur d'un litige qui dure depuis la mi-février, a fait partie des discussions qui se sont poursuivies mardi pour une deuxième journée.

Reprises en après-midi, les discussions, interrompues pour l'heure du souper, avaient recommencé vers 20 h. Plus tôt, le gouvernement avait fixé un cadre pour que les représentants des étudiants proposent une offre de sortie de crise.

« On a soumis des offres au gouvernement dans le cadre de ces paramètres-là et on attend un retour du gouvernement ce soir », avait indiqué Martine Desjardins, avant la pause du repas.

À son retour en soirée, Gabriel Nadeau-Dubois avait précisé que la hausse des droits de scolarité était « sur la table ». « C'est déjà un très bon début », avait-il ajouté, indiquant que la loi 78 n'avait pas fait partie des discussions.

Avant le début des discussions, M. Nadeau-Dubois avait spécifié que ces deux enjeux étaient pour la CLASSE des priorités à traiter. La FECQ, la FEUQ ainsi que la TaCEQ, aussi présente à la table, ont tenu un discours similaire.

Interrogé sur la loi 78, Léo Bureau-Blouin s'était contenté de dire, à son retour, que la loi spéciale serait abordée « potentiellement plus tard ».

Mme Desjardins n'avait pas commenté les derniers développements, soulignant uniquement que l'entretien ne se déroulerait pas comme la rencontre-marathon des 4 et 5 mai. « On ne va pas passer la nuit ici en tout cas! », a-t-elle dit avec un sourire, vantant une approche qui a « été très profitable ces derniers jours ». « On va sortir d'ici avant minuit, promis! »

À leur arrivée, en après-midi, aucun des protagonistes n'avait voulu parler de la teneur des discussions de la veille.

Selon les informations de Radio-Canada, le gouvernement Charest souhaiterait conclure une entente avec les étudiants d'ici mercredi. Cela permettrait à la FEUQ de se prononcer à ce sujet lors d'une assemblée générale prévue jeudi. La CLASSE pourrait faire de même lors d'une rencontre de ses dirigeants en fin de semaine.

Plus tôt, les leaders étudiants ont unanimement dénoncé l'opération policière menée par le Service de police de la Ville de Québec, qui, la veille, a interpellé 84 manifestants.

Le premier ministre Charest s'en mêle

Les trois leaders étudiants ont par ailleurs commenté le fait que le premier ministre du Québec soit venu leur parler lundi après-midi. Jean Charest avait lui-même confirmé peu auparavant qu'il s'était joint aux discussions pendant une cinquantaine de minutes.

« Ça a été pour moi une occasion de réitérer également que le gouvernement parle d'une seule voix », a dit le premier ministre, qui a évoqué des pourparlers « respectueux et courtois ».

M. Charest dit avoir pris la décision de se joindre aux discussions parce que les discussions entrent dans « une nouvelle étape ». Il souligne du même souffle avoir « toujours été très impliqué » dans le dossier.

« J'espère que ça contribue à envoyer un signal que le gouvernement veut dans cette affaire-là en arriver à la meilleure solution possible, ce qui a toujours été le cas », a précisé M. Charest.

Le premier ministre aurait assuré aux représentants étudiants que la ministre Courchesne avait tous les mandats nécessaires pour négocier avec eux, et qu'elle avait toute sa confiance pour y parvenir. Il aurait aussi profité de l'occasion pour rappeler aux étudiants les différentes mesures adoptées récemment par son gouvernement pour améliorer l'accessibilité aux études.

Dans tous les cas, il s'agit de la première rencontre entre le premier ministre et des leaders étudiants depuis le début du conflit, à la mi-février.

« Je pense que ça donne de la crédibilité, ça démontre que le gouvernement prend au sérieux la situation », a commenté Léo Bureau-Blouin.

Selon Gabriel Nadeau-Dubois, la présence de M. Charest « démontre que le gouvernement reconnaît l'ampleur de la crise actuelle ». Il a ajouté: « Ça vient peut-être également démontrer une certaine sincérité de la part du gouvernement envers le processus de négociations. Je vois ça d'un assez bon oeil, je vous dirais ».

Après avoir souligné que le premier ministre avait discuté avec eux pendant 30 minutes, Martine Desjardins a pour sa part déclaré qu'« il n'avait pas beaucoup de réponses pour les questions qu'on avait à lui poser. » « Il nous a laissés entre les mains de Mme Courchesne », a-t-elle ajouté.

Pas question d'abroger la loi 78

À la période de questions, mardi, la chef du Parti québécois, Pauline Marois, a demandé au premier ministre si les négociations entre son gouvernement et les représentants étudiants à Québec portaient sur l'enjeu de la hausse des droits de scolarité.

Jean Charest a répondu que l'enjeu principal était l'accessibilité aux études. Il a rappelé, à ce propos, que son gouvernement avait bonifié le programme de prêts et bourses.

La porte-parole péquiste en matière de justice, Caroline Hivon, est ensuite revenue sur la manifestation des juristes, lundi soir, à Montréal. « En plus des milliers de personnes qui marchent chaque soir au son des casseroles, la loi 78 est dénoncée publiquement par le barreau, par 60 professeurs de loi, et maintenant par des centaines de juristes qui descendent dans la rue », a-t-elle résumé, avant de demander si le gouvernement allait décider d'abroger cette loi devant la contestation.

Le ministre de la Justice Jean Marc Fournier a répondu que la loi ne devrait pas être abrogée, parce que cela reviendrait à ramener le chaos, les crises sur les campus universitaires et devant les cégeps. Il accuse le PQ de vouloir ramener « le trouble sur les campus ».

L'Association du barreau canadien défend la loi, a aussi tenu à souligner le ministre Fournier.

Et si les négociations échouaient?

À l'Assemblée nationale, le député libéral Norm MacMillan n'a pas caché qu'à son avis, le gouvernement devrait déclencher des élections si les discussions avec les étudiants devaient échouer.

« Ça pourrait être une des solutions, une élection. La date? Vous demanderez ça au boss. S'ils ne veulent pas négocier, on va faire quoi? Est-ce qu'on va laisser ça? Je pense qu'il est temps... », a-t-il laissé tomber.

Lorsqu'un journaliste lui a demandé s'il était lui-même un partisan d'une élection rapide, M. MacMillan a répondu : « « Je serais menteur si je vous disais le contraire ».

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