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Conflit étudiant au Québec: les négociations entrent dans le vif du sujet

29/05/2012 07:38 EDT | Actualisé 29/07/2012 05:12 EDT

La négociation entre le gouvernement québécois et les étudiants pour résoudre le conflit sur les frais de scolarité est entrée dans le vif du sujet mardi, avec un échange de propositions concrètes, ont laissé entendre des dirigeants étudiants lors d'une pause dans les pourparlers.

"Le gouvernement nous a donné des paramètres dans lesquels travailler", a indiqué la présidente de la FEUQ (Fédération Étudiante universitaire du Québec), Martine Desjardins. "Donc on a soumis des offres au gouvernement dans le cadre de ces paramètres-là", a-t-elle ajouté, sans préciser s'il s'agissait de l'ampleur de la hausse des frais de scolarité, à l'origine du conflit sur lequel s'est greffée la question de la loi spéciale adoptée le 18 mai pour limiter les manifestations.

"On attend un retour du gouvernement ce soir. Il est clair que les négociations vont continuer ce soir", a ajouté Mme Desjardins.

Les pourparlers avaient repris mardi en milieu de journée sur un ton prudemment optimiste. La veille, les discussions avaient duré près de huit heures. Elles avaient permis de préparer les pourparlers sur le fond.

Avant la rencontre, l'un des leaders étudiants, Léo Bureau-Blouin, a déclaré qu'il s'attendait à ce que la ministre Michelle Courchesne y présente une nouvelle proposition portant sur les frais de scolarité, au centre du différend vieux de près de quatre mois. Mais finalement le gouvernement s'est borné à proposer des "paramètres" et les étudiants des "offres" respectant ces derniers.

Le ministre délégué aux Transports, Norman MacMillan, a de son côté évoqué mardi le déclenchement d'élections législatives anticipées en juillet pour mettre fin au conflit si le gouvernement ne réussissait pas à arracher bientôt un accord aux étudiants. "Je serais menteur si je vous disais le contraire", a-t-il dit en réponse à une question de la presse.

Mardi matin, Mme Courchesne s'est dit "satisfaite" de l'amorce des négociations la veille.

"Les étudiants ont manifesté de l'ouverture. (...) Les responsabilités doivent être partagées pour obtenir un résultat", a-t-elle déclaré.

De son côté, Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole du syndicat étudiant le plus radical, la Classe, s'est félicité de la participation - pour la première fois depuis le début du conflit - du Premier ministre Jean Charest aux pourparlers de lundi, pendant moins d'une heure.

La présence de Jean Charest démontre "que le gouvernement reconnaît l'ampleur de la crise actuelle" et peut-être "une certaine sincérité de la part du gouvernement envers le processus de négociations", a-t-il estimé.

Tous les leaders étudiants ont dénoncé l'arrestation lundi soir de 84 manifestants pour "entrave à la circulation", juste après la fin des pourparlers et devant l'immeuble où ils s'étaient tenus, estimant qu'elle n'améliorait en rien le climat des négociations.

Selon des fuites de source gouvernementale rapportées mardi dans le quotidien La Presse, le gouvernement a prévu de tenir une "réunion spéciale" mercredi soir.

Selon l'usage, une telle réunion débouche sur l'annonce de décisions importantes, ce qui semble indiquer que M. Charest compte présenter publiquement une nouvelle proposition pour régler le conflit. En tout état de cause le règlement définitif doit être approuvé par des assemblées générales des étudiants dans leurs établissements.

En marge du conflit, M. Nadeau-Dubois a comparu mardi devant la justice pour répondre à une accusation d'outrage à magistrat: il avait conseillé aux étudiants de désobéir à une injonction judiciaire ordonnant la reprise des cours. Le jeune homme, qui risque un an de prison, a plaidé non coupable.

via/gde

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