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Afrique du Sud: un millier de militants ANC défilent contre le tableau de Zuma

29/05/2012 09:17 EDT | Actualisé 29/07/2012 05:12 EDT

Un millier de militants ont défilé à Johannesburg mardi à l'appel de l'ANC, le parti au pouvoir en Afrique du Sud, pour protester contre un tableau caricaturant le président Jacob Zuma, oeuvre exposée dans une galerie privée de la ville qui l'a finalement retirée de son catalogue.

La manifestation, la troisième organisée par le parti contre le tableau, n'a pas rassemblé les 15.000 personnes annoncées et s'est déroulée dans le calme, a constaté un journaliste de l'AFP sur place.

A deux reprises la semaine dernière, une foule de sympathisants ANC s'était massée devant le tribunal instruisant le procès de l'oeuvre, après que l'ANC et M. Zuma eurent porté plainte.

"La Goodman Gallery a accepté d'enlever la peinture de son site web", a annoncé à la foule le secrétaire général du Congrès national africain (ANC), Gwede Mantashe, alors que le tableau lui-même a déjà été déposé après avoir été maculé de peinture.

"Vous pouvez aussi acheter City Press, maintenant, pas seulement celui de la semaine dernière", a-t-il ajouté, levant l'appel au boycott de cet hebdomadaire qui avait le premier publié une reproduction du tableau.

City Press avait accepté lundi de le retirer de son site web dans un souci d'apaisement et par "peur" de la tournure prise par la polémique.

Pour défiler mardi, les sympathisants ANC portaient les couleurs de l'ANC (jaune, vert, noir), des pagnes à l'effigie de M. Zuma et des T-shirts proclamant "Le président a droit à la dignité humaine et à la vie privée", "Nous disons non à l'abus de l'expression artistique". Deux femmes tenaient des pancartes où était écrit "Les Blancs haïssent les Noirs" et "Les Blancs sont mal élevés".

Ils ont marché jusqu'aux abords de la galerie bouclés par la police.

"The Spear" (la lance), le tableau de Brett Murray, un artiste coutumier des détournements provocateurs, est perçu comme une atteinte à la dignité de la fonction présidentielle et de la personne de M. Zuma.

Il est aussi jugé raciste car il fait allusion à la polygamie de M. Zuma et à sa sexualité, un cliché de la représentation malveillante des Noirs.

La galerie, fermée depuis une semaine, avait fait disparaître de ses façades toute référence à l'exposition au profit d'un message indiquant "La Goodman Gallery respecte votre droit de protester".

Elle avait présenté des excuses publiques lundi soir.

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