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Tunisien condamné pour caricatures du prophète: report du procès en appel

28/05/2012 07:55 EDT | Actualisé 28/07/2012 05:12 EDT

Le procès en appel d'un Tunisien condamné à 7 ans et demi de prison pour la publication de caricatures du prophète Mahomet reprendra lundi prochain, a-t-on appris lundi auprès d'une avocate de la défense, qui a requis une demande d'expertise psychiatrique pour son client.

"Nous avons fait une demande d'expertise car nous voulons montrer que le jeune homme a des problèmes psychologiques, et le tribunal nous répondra lundi prochain", a déclaré à l'AFP Me Bochra Bel Haj Hmida. "En tout état de cause, nous allons demander un non-lieu dans cette affaire", a-t-elle ajouté.

Jabeur Mejri, un jeune homme originaire de Mahdia (est), a été condamné fin mars à sept ans et demi de prison pour avoir publié des caricatures du prophète Mahomet sur sa page facebook.

Un de ses amis, Ghazi Béji, condamné à la même peine, est de son côté en cavale en Europe, selon sa famille.

Lors de l'audience lundi matin devant le tribunal d'appel de Monastir (est), le jeune prévenu, incarcéré depuis plus de deux mois, est resté totalement silencieux, selon sa soeur Inès, contactée par l'AFP.

Mais l'affaire, jusqu'ici peu médiatisée, a mobilisé cette fois-ci sept avocats de la défense et des représentants d'organisation des droits de l'Homme, tels Avocats sans frontières, s'est félicitée Me Bel Haj Hmida. "Il y avait du monde, ça a fait du bien à la famille", a-t-elle indiqué.

L'athéisme dont sont soupçonnés les deux jeunes condamnés, un tabou en Tunisie, pèse lourd dans le silence qui a entouré cette affaire.

Au départ, aucun avocat n'a voulu se saisir du dossier, et les caricatures du prophète, représentant Mahomet nu devant une fillette, ont été jugées "violentes" et "choquantes" y compris par les défenseurs des prévenus.

L'affaire avait été révélée par des blogueuses tunisiennes début avril.

L'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch avait demandé l'abrogation des lois datant de l'ère Ben Ali qui ont permis la condamnation des deux jeunes gens.

cf/kl/ej

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