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Tour d'Italie - L'horizon incertain du cyclisme italien

28/05/2012 05:23 EDT | Actualisé 28/07/2012 05:12 EDT

La tristesse d'un podium sans coureur italien à l'arrivée du Giro, dimanche, à Milan, a plongé le cyclisme du pays-hôte dans la perplexité, voire l'inquiétude, sur son avenir dans les grands tours.

Les deux précédents lauréats du Giro, Michele Scarponi et Ivan Basso, chefs de file des deux équipes italiennes de première division, ont largement dépassé la trentaine et leurs résultats attestent de leurs limites actuelles. Même si Scarponi (4e) estime qu'il méritait de monter sur le podium ("j'avais les jambes pour lutter pour la victoire") et si Basso (5e) ajoute qu'il "faudra attendre un peu pour (l)'enterrer".

"Ce résultat n'est pas une catastrophe, il ne m'a pas manqué grand-chose", assure le double vainqueur de l'épreuve dont l'équipe Liquigas a indirectement, en assumant le poids de la course, favorisé le succès du Canadien Ryder Hesjdal.

Mario Cipollini, dans sa chronique du journal organisateur (Gazzetta dello Sport), a épinglé Liquigas qui a fait le choix de miser sur Ivan Basso pour le Giro et non sur Vincenzo Nibali, programmé pour le Tour de France.

"Vincenzo est l'unique champion qui nous reste pour les courses par étapes", estime l'ancien champion du monde aux avis tranchés. "Il aurait conquis le maillot rose sur une seule jambe".

Au-delà de l'exagération du propos, le constat souligne la réalité du plateau du Giro 2012, privé des grands leaders étrangers (Evans, A. Schleck, Wiggins et, bien sûr, Contador) et du coureur italien le plus performant du moment, annoncé sur le départ de l'équipe Liquigas en fin de saison. Mais, auparavant, Nibali (27 ans) visera une marche sur le podium du Tour de France, une course qu'il a terminée à la 7e place en 2009.

Du haut de son expérience (36 ans), Marco Pinotti, le vainqueur de la dernière étape, ne veut pas céder au pessimisme: "Le niveau de la course est élevé et, à la fin, il y a quand même trois coureurs italiens dans les six premiers. Ce résultat montre aussi l'internationalisation du Giro."

Michele Acquarone, le directeur du Tour d'Italie, dresse la même analyse. Tout en reconnaissant: "Un organisateur n'a pas à choisir. Mais, bien sûr, cela me plairait que les coureurs italiens déchaînent l'enthousiasme. Avoir un Alberto Tomba ou un Valentino Rossi dans le cyclisme, ce serait plus beau que tout."

jm/jcp

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