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Reprise des négociations pour tenter de dénouer la crise étudiante au Québec

28/05/2012 11:30 EDT | Actualisé 28/07/2012 05:12 EDT

Gouvernement et étudiants devaient se retrouver lundi après-midi à la table des négociations à Québec pour chercher une solution au conflit aux allures de crise sociale qui les oppose depuis plus de 3 mois.

L'espoir d'un dénouement dans ce différend qui n'a cessé de prendre de l'ampleur depuis 106 jours est grand dans la population, mais les principaux protagonistes sont restés prudents dans leurs déclarations avant cette rencontre dite "de la dernière chance".

La réunion entre la ministre de l'Education Michelle Courchesne et les représentants des trois principales organisations étudiantes devait débuter à 14H00 à Québec (18H00 GMT).

Le gouvernement devrait faire une nouvelle proposition aux étudiants sur les droits de scolarité, la question à l'origine du conflit, assurait lundi le quotidien La Presse, citant des sources proches de la négociation.

La ministre Michelle Courchesne devrait "mettre quelque chose sur la table", mais la partie gouvernementale exigera au préalable des dirigeants étudiants qu'ils précisent s'ils ont un mandat clair pour négocier.

"Le rôle de notre comité de négociation n'est pas de signer une entente mais bien d'entrer en dialogue avec le gouvernement afin de récolter l'offre la plus avantageuse possible", a déclaré à la chaîne publique RDI le représentant de la Classe, l'organisation étudiante la plus radicale, Gabriel Nadeau-Dubois.

"Par la suite, ce sera aux étudiants dans leurs assemblées générales de décider si c'est suffisant ou non pour rentrer en classe", a-t-il ajouté.

Le gouvernement, qui a déjà accepté d'étaler sur sept ans au lieu de cinq ans initialement la hausse des droits de scolarité, n'a cependant pas l'intention de repousser d'un an son entrée en vigueur, prévue à l'automne.

Et il évite soigneusement toute allusion à un éventuel assouplissement sur la question de la hausse des frais de scolarité, qui doivent augmenter de 1.780 dollars sur sept ans (environ 254 dollars/an) pour atteindre près de 4.000 dollars par année, plus près de la moyenne nord-américaine.

Néanmoins, Gabriel Nadeau-Dubois a déclaré "avoir cru comprendre au détour d'une phrase" ces derniers jours "qu'il y aurait peut-être une ouverture".

Le représentant le plus modéré des trois dirigeants étudiants, Léo Bureau-Blouin, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (Fecq) a dit pour sa part aborder la réunion avec "l'esprit ouvert", assurant espérer "s'entendre rapidement avec le gouvernement".

La dernière représentante des étudiants, Martine Desjardins, de la Fédération universitaire (Feuq), a insisté sur le fait qu'il ne pourrait y avoir de "sortie de crise" sans un retrait de la loi spéciale 78, adoptée le 18 mai pour limiter la liberté de manifester.

Il apparaissait toutefois peu probable que le Premier ministre Jean Charest accepte un tel retrait, qui risquerait d'apparaître comme un recul humiliant, d'autant que certains aspects de la loi --dont la suspension du semestre dans les établissements en grève jusqu'à la mi-août-- recueillent un fort soutien dans la population.

Dans un éditorial, le quotidien Le Devoir suggérait lundi au gouvernement de "surseoir à la portion odieuse de sa loi 78, qui concerne les droits de manifester et d'association", ajoutant que "les règlements municipaux et le Code criminel suffisent clairement au policiers pour encadrer les débordements".

"Je suis assez pessimiste", a déclaré pour sa part Jacques Hamel, sociologue à l'université de Montréal, qui a "l'impression qu'on reprend les négociations sous la pression" de l'industrie touristique, alors que Montréal accueille le Grand Prix de F1 dans une dizaine de jours et que commence la saison des festivals culturels.

jl-via/mdm

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