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Québec: les étudiants et le gouvernement reprennent les négociations

28/05/2012 12:15 EDT | Actualisé 28/07/2012 05:12 EDT

MONTREAL - Les étudiants et le gouvernement du Québec devaient retourner à la table des négociations lundi, plus de trois mois après le début d'une crise liée à la hausse des frais de scolarité. Le bras de fer a donné lieu à des affrontements avec la police et plus de 2.500 manifestants ont été arrêtés.

La situation devient d'autant plus difficile pour le gouvernement de Jean Charest que des milliers de personnes continuent à investir les rues de Montréal le soir pour des concerts de casserole alors qu'approche le pic de la saison touristique, marqué par les festivals d'été. Dimanche, c'était la 34e marche nocturne de ce que les médias ont baptisé "le Printemps érable".

Les quatre plus importantes associations étudiantes -la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et la Table de concertation étudiante du Québec (TaCEQ)- ont été invitées aux pourparlers à Québec.

Selon la FEUQ, le gouvernement devait être représenté par la ministre de l'Education Michelle Courchesne, le ministre délégué aux Finances, Alain Paquet, et le négociateur Pierre Pilotte.

Le président de la FECQ, Léo Bureau-Blouin, a estimé dans un entretien à La Presse Canadienne que cette rencontre était une "dernière chance" pour le gouvernement. "Si, à nouveau, nous ne réussissons pas à arriver à une entente qui est acceptable aux yeux des deux parties, je crois que ce sera très difficile de sortir de cette crise, puisqu'il n'y a plus de session pour les étudiants et que le climat social est de plus en plus effervescent", a-t-il déclaré.

Les étudiants exigent un gel des frais de scolarité mais le gouvernement a exclu cette possibilité. Les dernières négociations, les 5 et 6 mai, avaient duré plus de 24 heures d'affilée mais la proposition des autorités avait été rejetée. Selon La Presse Canadienne, qui cite "des sources proches de la négociation", le gouvernement devait faire une nouvelle offre lundi.

A 2.519 dollars en moyenne, l'inscription en faculté au Québec est la plus basse du Canada. Le gouvernement a décidé de l'augmenter de 254 dollars par an pendant sept ans, soit un total de quelque 1.780 dollars de plus. Les frais de scolarité des facultés de la province francophone sont beaucoup moins élevés que dans le reste du pays ou aux Etats-Unis voisins, mais les réfractaires voient dans leur relèvement une trahison de la philosophie des réformes sociales adoptées lors de la "Révolution tranquille" du Québec des années 1960.

Le Premier ministre, Jean Charest, qui a fait du désendettement de la province son cheval de bataille depuis son élection il y a bientôt dix ans, refuse de céder sur les droits d'inscription. Plus de 2.500 étudiants ont été arrêtés depuis le début du mouvement, dont près de 700 pour la seule journée de mercredi dernier.

Le 18 mai, M. Charest a fait adopter la loi spéciale 78 restreignant temporairement la liberté de réunion et fermant les facultés en grève jusqu'en août, pour tenter de mettre fin au mouvement à l'approche des vacances.

Le texte oblige notamment les contestataires à informer la police de tout projet de manifestation de plus de 50 personnes huit heures avant son début et de communiquer le parcours prévu; il interdit les rassemblements dans un rayon de 50 mètres autour des facultés et expose à une amende toute personne qui en inciterait ou aiderait une autre à enfreindre la loi d'exception.

Loin de ramener le calme, cette mesure a alimenté le conflit et été dénoncée comme une dérive autoritaire par une partie des Québécois, au-delà du milieu étudiant. En plus de trois mois, le mouvement de contestation s'est étendu à plusieurs régions du Québec. AP

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