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Nouvelle vague d'arrestations dans le scandale des matches truqués en Italie

28/05/2012 04:39 EDT | Actualisé 27/07/2012 05:12 EDT

Un international italien, Domenico Criscito, a été interrogé lundi matin sur le lieu même où la "squadra azzurra" prépare l'Euro-2012, et plusieurs joueurs ont été arrêtés par la police dans le nouveau scandale de matches truqués qui frappe le football italien.

La police est venue réveiller le défenseur du Zénith Saint Petersbourg tôt lundi matin à Coverciano, le centre d'entraînement de la sélection italienne à Florence (nord), pour entendre sa déposition dans le cadre du énième rebondissement d'une vaste enquête policère baptisée +Last Bet+ (dernier pari), et son domicile de Gênes a également été perquisitionné.

Au nom du "code éthique" mis en place par le sélectionneur Cesare Prandelli, Criscito, premier choix au poste d'arrière-gauche, risque de ne pas être retenu dans la liste de 23 joueurs pour l'Euro (8 juin-1er juillet) qu'il doit donner à midi heure italienne (10h00 GMT).

Cette liste sera donc dévoilée une heure à peine après le début de la conférence de presse prévue à 09h00 GMT à la préfecture de Crémone (nord) par le procureur de la ville, Roberto Di Martino, un des principaux enquêteurs du scandale des matches arrangés par les officines de paris, scandale appelé par la presse italienne "Calcioscommesse" (paris sur le football).

Outre la mise sous enquête de Criscito, 19 personnes ont été arrêtées lundi aux premières heures, dont dix joueurs, et parmi eux le capitaine de la Lazio Rome, Stefano Mauri. Elles sont poursuivies pour "association de malfaiteurs à des fins de tricherie et de fraude sportive".

Selon les enquêteurs de "Last Bet", les joueurs concernés sont soupçonnés d'avoir truqué des matches contre de l'argent. Les arrestations effectuées lundi matin par la police ont visé plusieurs villes et plusieurs clubs italiens.

Le domicile de l'entraîneur de la Juventus Turin, Antonio Conte, a également été perquisitionné lundi matin dans cette enquête. Les faits qui intéressent les enquêteurs remontent à la saison dernière, quand Conte entraînait Sienne en deuxième division (Serie B).

Cette troisième vague d'arrestations, après celles de novembre 2011 et avril 2012, se produit à trois jours de la mise en action de la justice sportive. Jeudi, la commission de discipline de la Fédération italienne de football (FIGC) doit juger 22 clubs et 61 joueurs ou ex-joueurs dans le cadre de l'enquête de Crémone. Les premiers risquent des points de pénalité, les seconds des suspensions.

L'opération "Last bet" compte trois volets, conduits par les parquets de Crémone, Bari et Naples. L'ex-international Giuseppe Signori, l'ancien capitaine de l'Atalanta Cristiano Doni ou l'ancien joueur de Bari Andrea Masiello avaient notamment été arrêtés lors de ces coups de filets.

Au coeur du scandale, des mafias locales et étrangères et des joueurs qui s'arrangeaient pour influer sur le résultat d'un match, afin de parier dessus à coup sûr.

Des joueurs, des intermédiaires de toutes sortes et peut-être des dirigeants truquaient des rencontres de ligues inférieures et même de Serie A. Il ne s'agissait pas seulement d'acheter la victoire, les paris pouvant prendre différentes formes, comme l'"over", le fait de marquer plus d'un certain nombre de buts dans une rencontre.

Cinq Hongrois soupçonnés d'être à la tête d'une de ces organisations mafieuses de paris figurent parmi les 19 personnes arrêtées lundi.

L'Italie redoute désormais un séisme comme celui du "Totonero" en 1980, qui avait précipité l'AC Milan en deuxième division et coûté deux ans de suspension à Paolo Rossi, ou du "Calciopoli", le scandale des matches arrangés qui a privé la Juventus de deux titres (2005 et 2006) et l'a laissée en Serie B à son tour.

Les optimistes préféreront se rappeler qu'à chaque fois que l'Italie a été touchée par une telle affaire, elle a remporté dans la foulée la compétition (Coupes du monde 1982 et 2006). "En 2006 aussi il y a eu un scandale, on a réagi et on a gagné", a commenté lundi matin le buteur italien de la finale contre la France (1-1, 5 t.a.b. à 3), Marco Materazzi.

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