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Mavi Marmara: la justice turque s'apprête à juger des militaires israéliens

28/05/2012 11:31 EDT | Actualisé 28/07/2012 05:12 EDT

Un tribunal stambouliote a accepté lundi de juger quatre ex-dirigeants de l'armée israélienne accusés d'implication dans la mort de neuf Turcs tués en 2010 par des commandos israéliens lors de l'assaut de leur navire d'aide humanitaire, a rapporté l'agence de presse Anatolie.

La cour a accepté un acte d'accusation présenté la semaine dernière par un procureur qui réclame la prison à vie pour l'ex-chef d'état-major de l'armée israélienne, Gabi Ashkenazi, les ex-chefs de la marine et de l'aviation, Eliezer Alfred Marom et Avishai Levi, et l'ex-chef des services secrets Amos Yadlin, selon Anatolie.

Cette décision implique l'ouverture d'un procès, dont la date de la première audience doit être fixée par le tribunal dans les prochaines semaines. Selon toute vraisemblance, ce procès restera symbolique, Israël excluant que ses militaires soient jugés, a fortiori de les extrader.

Le vice-ministre israélien des Affaires étrangères, Danny Ayalon, a qualifié de "très grave" la procédure de la justice turque.

"Nous allons faire en sorte que nos concitoyens soient protégés du mieux possible d'un point de vue légal", a déclaré M. Ayalon à la télévision, en espérant qu'"une pression diplomatique étrangère forcera la Turquie à revenir sur son action".

La décision d'Ankara "pourrait avoir des implications lourdes de conséquences pour l'OTAN et les forces américaines en Afghanistan, l'Irak et ailleurs", a-t-il déploré.

Les poursuites concernent l'assaut donné le 31 mai 2010 dans les eaux internationales par des commandos israéliens contre le Mavi Marmara, navire amiral d'une flottille d'aide humanitaire qui tentait de rallier Gaza, sous blocus israélien.

L'acte d'accusation s'appuie sur les témoignages de près de 600 personnes, dont 490 passagers de la flottille, qui comptait six bateaux, et des proches des victimes.

Selon ce document de 144 pages, les soldats israéliens ont fait un usage largement disproportionné de la force contre les militants pro-Palestiniens.

"On ne peut parler de défense légitime en utilisant des armes perfectionnées et en mitraillant des gens qui brandissaient des fourchettes, des cuillères ou des hampes de drapeau", souligne-t-il.

En septembre dernier, le rapport Palmer de l'ONU avait jugé "excessive" et déraisonnable cette intervention militaire, mais avait considéré comme étant légal le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza.

Cette affaire avait provoqué une grave crise diplomatique entre la Turquie et Israël, autrefois alliés. Ankara a abaissé sa représentation diplomatique dans l'Etat hébreu, suspendu la coopération militaire et expulsé l'ambassadeur d'Israël.

nc/agr/hj

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