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Les Frères musulmans de Syrie s'en prennent au Conseil de sécurité de l'ONU

28/05/2012 06:01 EDT | Actualisé 28/07/2012 05:12 EDT

Les Frères musulmans de Syrie ont accusé lundi le Conseil de sécurité de l'ONU d'envoyer le "mauvais message" aux autorités syriennes après le massacre de Houla, en se contentant de les condamner sans prendre d'action contre le régime de Bachar al-Assad.

"En se contentant de publier une déclaration creuse sur un massacre dans lequel ont péri plus de 100 personnes (...) à Houla au lieu d'adopter une résolution sous le chapitre VII (...), le Conseil de sécurité transmet le mauvais message, voire un message assassin et destructeur", affirme la confrérie, très influente au sein de l'opposition.

Le chapitre VII de la Charte de l'ONU permet d'imposer des mesures à un pays, y compris par la force, "en cas de menace contre la paix, de rupture de la paix et d'acte d'agression".

"Pour la quatrième ou la cinquième fois, le Conseil de sécurité n'est pas parvenu à prendre une décision concernant les événements en Syrie", estiment les Frères musulmans dans leur communiqué, accusant Moscou d'avoir vidé la déclaration de tout sens.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté dimanche une déclaration condamnant à l'unanimité, y compris la Russie alliée de la Syrie, le massacre commis ce week-end à Houla (centre de la Syrie) et en a rendu responsable le gouvernement syrien.

Le Royaume-Uni et la France avaient initialement proposé une déclaration encore plus ferme mais la Russie avait bloqué l'adoption du texte, mettant en doute la responsabilité des forces syriennes.

"Nous considérons que tous ceux qui soutiennent et défendent les milices criminelles d'Assad en Syrie et passent leurs crimes sous silence sont complices des massacres perpétrés contre les civils innocents", ajoutent les Frères musulmans, interdits en Syrie depuis 1963.

En 1982, les Frères musulmans avaient tenté de soulever la population contre le régime de Damas, alors que le père du président Bachar al-Assad, Hafez, était au pouvoir. Ils échouèrent et l'armée réprima durement la révolte. La répression fit près de 20.000 morts, selon des estimations.

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