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Les deux Soudans discutent mardi, continuent de souffler le chaud et le froid

28/05/2012 01:13 EDT | Actualisé 28/07/2012 05:12 EDT

Le Soudan et le Soudan du Sud doivent reprendre mardi à Addis Abeba des négociations interrompues depuis des combats ayant mis les deux voisins au bord de la guerre début avril en raison des différends accumulés depuis l'indépendance du Sud en juillet dernier.

Les pressions internationales ont contraint Khartoum et Juba à retourner à la table des négociations.

La brève conquête le mois dernier par l'armée sud-soudanaise du plus important puits de pétrole soudanais, celui de Heglig, et une série de bombardements soudanais en territoire sud-soudanais avaient fait craindre une reprise généralisée des hostilités.

Les combats les plus violents ont cessé mais les deux parties continuent de s'accuser mutuellement.

Avant de partir pour Addis Abeba, le négociateur en chef sud-soudanais Pagan Amum a affirmé lundi que les Soudanais bombardaient et attaquaient le Soudan du Sud et continuaient d'envoyer "des groupes armés pour déstabiliser" le Soudan du Sud".

Le porte-parole de l'armée sud-soudanaise, Philip Aguer, a fait état de combats lundi, après trois jours de bombardements aériens et de tirs d'artillerie lourde. Selon lui dix personnes ont été tuées et des villages détruits par les attaques soudanaises.

Khartoum, qui a démenti toute attaque "par air ou au sol", a saisi le Conseil de sécurité de l'ONU en accusant Juba de plusieurs attaques la semaine dernière sur des localités du Darfour-Sud, en territoire soudanais.

Parallèlement, et conformément à une exigence de l'ONU, Khartoum a annoncé lundi que son armée commencerait à quitter la région disputée d'Abyei mardi, soit le jour même de la reprise des négociations en Ethiopie.

Le retrait mettra fin à un an d'occupation. "Le Soudan a décidé de redéployer ses troupes hors du secteur d'Abyei afin d'offrir un bon environnement aux discussions", a précisé un porte-parole militaire, Sawarmi Khaled Saad, évoquant une demande de M. Mbeki.

M. Saad a assuré que toutes les unités seraient retirées, sans préciser combien de militaires cela représentait.

Selon lui, ce retrait vise à "offrir un environnement propice aux discussions" d'Addis Abeba, mais Khartoum demande une "garantie" que Abyei fait partie de son territoire.

Le Soudan du Sud a retiré le 10 mai 700 policiers de cette zone.

Malgré un contexte visiblement toujours tendu, le principal négociateur sud-soudanais s'est dit "plus optimiste que jamais auparavant, car nous avons désormais une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU fixant un délai de trois mois pour parvenir à un accord" avec le Soudan.

M. Amum faisait référence à la résolution du 2 mai appelant les deux pays, sous peine de sanctions, à cesser les hostilités et à négocier.

Le médiateur de l'UA, l'ancien président sud-africain Thabo Mbeki, a fait la navette entre Khartoum et Juba pour convaincre les deux capitales de reprendre les discussions, ce qu'elles auraient dû faire depuis le 16 mai selon la résolution du 2 mai.

"L'UA fait tout ce qui est en son pouvoir pour faire de la reprise de ces négociations un succès, car la paix est la seule solution, la guerre ne peut apporter de solution", a déclaré à l'AFP Noureddine Mezni, porte-parole du président de la Commission de l'UA Jean Ping.

L'objet immédiat de ces négociations dont on ignore encore la durée, est de renforcer la sécurité à la frontière, notamment en obtenant des deux pays un engagement clair à respecter une zone démilitarisée.

En cas de succès, les discussions pourraient s'élargir aux différends toujours sur la table depuis l'accord de paix de 2005 qui avait mis fin à plusieurs décennies de guerre civile et ouvert la voie à l'indépendance du Sud l'an dernier.

Les principaux sujets de contentieux sont la délimitation de la frontière commune, le partage des revenus pétroliers et le statut de plusieurs zones contestées.

"Les jours à venir sont cruciaux (...) Ils doivent permettre d'ouvrir la voie à un succès des négociations et de restaurer la confiance", a déclaré M. Mezni.

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