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L'armée soudanaise dit qu'elle va se retirer de la région disputée d'Abyei

28/05/2012 11:19 EDT | Actualisé 28/07/2012 05:12 EDT

L'armée soudanaise va commencer mardi à se retirer de la région d'Abyei, que se disputent Juba et Khartoum, comme le lui ont demandé les Nations unies, a indiqué lundi un porte-parole militaire.

"Nous commencerons demain et nous inviterons les journalistes à assister à ce redéploiement", a déclaré Sawarmi Khaled Saad à la presse.

Le retrait, qui mettra fin à un an d'occupation, doit commencer le jour de la reprise prévue des négociations entre le Soudan et le Soudan du Sud dans la capitale éthiopienne Addis Abeba sous les auspices du médiateur de l'Union africaine Thabo Mbeki.

"Le Soudan a décidé de redéployer ses troupes en dehors du secteur d'Abyei afin d'offrir un bon environnement aux discussions", a précisé le porte-parole, en évoquant une demande en ce sens de M. Mbeki.

M. Saad a assuré que toutes les unités seraient retirées mais n'a pas précisé combien de militaires étaient déployés à Abyei.

Après de violents affrontements en avril ayant fait craindre une guerre ouverte entre les deux voisins, le Conseil de sécurité de l'ONU les avait appelé à cesser les hostilités à la frontière et à reprendre les discussions sur les questions non réglées depuis la sécession du Sud en juillet 2011.

Le Conseil avait aussi exigé du Soudan "qu'il retire immédiatement et sans conditions" ses soldats et policiers de la région frontalière d'Abyei, dans une résolution prolongeant pour six mois le mandat de la force de l'ONU à Abyei.

L'ambassadeur norvégien à Khartoum, Jens-Petter Kjemprud, dont le pays a contribué à l'accord de paix de 2005 qui a mis fin à 22 ans de guerre civile meurtrière au Soudan, s'est félicité de cette annonce, estimant qu'elle aidait les négociations entre les deux Etats.

Khartoum a fait part de son intention de retirer ses troupes d'Abyei, dimanche, à l'occasion d'un entretien entre l'ancien président américain Jimmy Carter et le président Omar el-Béchir.

M. Carter faisait partie avec l'ancien ministre algérien des Affaires étrangères Lakhdar Brahimi d'une délégation l'ONG "Global Elders" présidée par l'archevêque sud-africain Desmond Tutu.

Le Soudan du Sud a retiré le 10 mai les 700 policiers qu'il maintenait dans cette zone frontalière, un mouvement confirmé par l'Union africaine.

En vertu d'un accord de juin 2011 sur cette région frontalière disputée, Khartoum doit choisir parmi trois candidats présentés par Juba pour diriger Abyei, tandis que Juba doit choisir parmi trois candidats de Khartoum pour le poste de vice-administrateur.

Le Conseil de sécurité a posé un ultimatum au Soudan et au Soudan du Sud, leur imposant de retirer chacun leurs troupes de leur côté de la frontière et d'activer le "mécanisme conjoint de vérification et de surveillance" de cette frontière contestée.

Le mandat de la Force intérimaire de sécurité des Nations unies pour Abyei (FISNUA), constituée de quelque 3.700 Casques bleus éthiopiens, sera réexaminé après une période de quatre mois pour tenir compte éventuellement de l'application par les deux pays de leurs engagements.

Les tensions n'ont cessé de s'intensifier entre Soudan et Soudan du Sud depuis l'indépendance du Sud en juillet 2011 notamment sur les questions de la délimitation de la frontière commune, du partage des revenus pétroliers et du statut de zones contestées, comme celle d'Abyei.

M. Mbeki a récemment fait la navette entre Khartoum et Juba pour convaincre les deux capitales de reprendre les discussions, ce qu'elles auraient dû faire depuis le 16 mai selon la résolution du 2 mai.

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