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Houla: la Russie accuse «les deux parties», forces syriennes et insurrection

28/05/2012 08:10 EDT | Actualisé 28/07/2012 05:12 EDT

MOSCOU - Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a mis en cause lundi à Moscou «les deux parties», forces syriennes et insurrection, dans le massacre qui a fait au moins 108 morts vendredi à Houla dans le centre de la Syrie.

Les déclarations de M. Lavrov interviennent alors que l'émissaire spécial de l'ONU et de la Ligue Arabe Kofi Annan est arrivé à Damas pour de nouveaux pourparlers avec le président syrien Bachar el-Assad, et au lendemain d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations unies. Les 15 membres du Conseil ont condamné à l'unanimité le massacre de Houla.

Pour Sergueï Lavrov, «les deux parties ont à l'évidence pris part au décès de gens innocents, dont plusieurs dizaines de femmes et d'enfants. Ce secteur est contrôlé par les rebelles mais est aussi encerclé par les forces gouvernementales», a ajouté le chef de la diplomatie russe après un entretien avec son homologue britannique William Hague.

«Personne ne dit que le gouvernement (syrien) n'est pas coupable, et personne ne dit que les militants armés ne sont pas coupables», a fait valoir M. Lavrov. Les autorités de Damas, estime-t-il cependant, «portent la principale responsabilité de la situation» en raison de leur échec à assurer la sécurité des Syriens. «Nous ne soutenons pas le gouvernement syrien, nous soutenons le plan de Kofi Annan», a-t-il souligné.

Dimanche, à l'issue d'une réunion d'urgence à New York, les 15 membres du Conseil de sécurité ont condamné «dans les termes les plus vigoureux le meurtre, confirmé par les observateurs des Nations unies, de dizaines d'hommes, de femmes et d'enfants (...) dans la localité de Houla, près de Homs».

La déclaration adoptée à l'unanimité, y compris par la Russie et la Chine, dénonce une «série de bombardements par les blindés et l'artillerie gouvernementaux sur un quartier résidentiel». Elle condamne également «les meurtres de civils par des tirs à bout portant» et de «graves exactions», sans toutefois en désigner les auteurs.

«Un recours aussi scandaleux à la force contre la population civile constitue une violation du droit international et des engagements du gouvernement syrien (...) de cesser la violence sous toutes ses formes (...) Les membres du Conseil de sécurité réaffirment que la violence sous toutes ses formes, de toutes les parties, doivent cesser», souligne la déclaration.

Le Conseil de sécurité exige que le gouvernement syrien «cesse immédiatement l'emploi d'armes lourdes dans les centres de population et (en) retire immédiatement ses troupes et armes lourdes».

Les observateurs des Nations unies, qui se sont rendus samedi sur place, ont retrouvé des obus d'artillerie, des «traces récentes de blindés» et constaté que «de nombreux bâtiments avaient été détruits par des armes lourdes». Quatre-vingt-cinq des corps retrouvés portaient des blessures infligées par des armes à feu et des tirs d'artillerie, selon les observateurs. Ils ont par ailleurs constaté des traces de «graves exactions physiques» sur plusieurs cadavres.

Le régime de Bachar el-Assad a «catégoriquement» démenti dimanche toute responsabilité dans le massacre de Houla. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Djihad Makdissi, a affirmé que son pays était confronté «à un tsunami de mensonges» mettant en cause le pouvoir. Il a accusé en retour des membres de l'insurrection d'être à l'origine du massacre.

Arrivé lundi à Damas, Kofi Annan s'est dit «choqué», «horrifié» par les événements. Il a appelé toutes les parties en présence à mettre fin aux violences. «C'est un message de paix pour chacun, pour tout individu porteur d'une arme», a-t-il dit.

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