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Grève au Canadien Pacifique: le gouvernement recourt à une loi spéciale

28/05/2012 01:00 EDT | Actualisé 28/07/2012 05:12 EDT

Le gouvernement canadien a annoncé lundi qu'il allait prochainement déposer un projet de loi spéciale forçant le retour au travail de 4.800 employés de la compagnie de chemins de fer Canadien Pacifique, en grève depuis mercredi dernier, invoquant la défense de l'économie nationale.

La ministre du Travail Lisa Raitt a longuement décrit l'ampleur des activités du Canadien Pacifique qui transporte annuellement 50 milliards de dollars de marchandises, pour conclure que l'économie du pays "encore fragile" malgré la reprise ne pouvait se permettre un arrêt de travail prolongé.

Les négociations entre le syndicat Teamsters Canada et la direction de la compagnie avaient été rompues dimanche, sans qu'aucun nouveau rendez-vous soit pris.

Le conflit porte essentiellement sur les retraites --la direction de l'entreprise souhaitant revoir le système pour le rapprocher de ceux de ses concurrents et préserver sa compétitivité--, sur certains règlements de travail et sur la gestion de la fatigue.

"La grève ne peut pas continuer. Nous avons besoin de remettre les trains en marche", a dit Mme Raitt, arguant que la grève menace d'une part des emplois dans les entreprises dépendant du transport par rail, par exemple dans l'industrie automobile, et d'autre part les exportations.

"Les consommateurs et nos concurrents à l'étranger n'attendront pas que nous réglions un conflit de travail", a-t-elle dit.

Le vice-président de la branche ferroviaire de Teamsters Canada Doug Finnson a réagi en estimant en substance que le gouvernement, en annonçant le dépôt de la loi spéciale, avait appuyé la direction et lui a permis de durcir sa position.

La compagnie "veut prendre l'argent de notre fonds de pension pour le donner aux actionnaires", a-t-il affirmé.

Lors de conflits de travail précédents, par exemple à Air Canada ou dans les postes, Mme Raitt a eu recours au même moyen de pression pour imposer un retour rapide au travail, suivi de négociations menées dans le cadre d'un arbitrage imposé.

via/jl/mdm

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