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Annan attendu à Damas après la condamnation de l'ONU

28/05/2012 05:14 EDT | Actualisé 28/07/2012 05:12 EDT

Le médiateur international Kofi Annan était attendu à Damas lundi, selon les autorités syriennes condamnées la veille par le Conseil de sécurité de l'ONU pour avoir bombardé un quartier résidentiel à Houla (centre), faisant 108 morts et 300 blessés.

M. Annan doit rencontrer le ministre des Affaires étrangères Walid Mouallem, puis, mardi, le président syrien Bachar al-Assad, selon un haut responsable syrien. L'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe n'a pas confirmé cette visite, sa deuxième dans le pays depuis le début de sa mission il y a trois mois.

Preuve que le cessez-le-feu négocié par M. Annan est plus que jamais ignoré, 87 personnes ont été tuées en Syrie dimanche selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), l'un des bilans les plus lourds depuis l'entrée en vigueur de la trêve le 12 avril.

Lundi, trois officiers syriens ont été tués par l'explosion de leur bus à Alep (nord) et deux civils par les forces du régime à Homs et Hama (centre).

Selon l'OSDH, la ville de Hama a été la cible dimanche d'une offensive des troupes gouvernementales syriennes, qui a fait 34 mots dont sept enfants cinq femmes.

Des militants anti-Assad relatent que l'armée a attaqué des quartiers résidentiels de Hama, haut lieu de la contestation, en représailles après la mort de soldats dans des combats avec des déserteurs.

Cette offensive s'est déroulée alors même que le Conseil de sécurité de l'ONU condamnait les autorités syriennes pour une autre attaque menée vendredi sur un quartier résidentiel à Houla (centre), qui a fait au moins 108 morts dont une cinquantaine d'enfants selon les observateurs de l'ONU sur place.

Dans une déclaration adoptée à l'unanimité à l'issue d'une réunion d'urgence à New York, les 15 pays membres ont dénoncé "une série de bombardements par les tanks et l'artillerie gouvernementale contre un quartier résidentiel".

Le Conseil a exigé que Damas cesse immédiatement d'utiliser des armes lourdes dans les villes syriennes rebelles et qu'il retire ses forces de ces villes, conformément au plan de paix du médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan.

La Russie s'est jointe à ses 14 partenaires, avant d'estimer lundi que les "deux parties", régime et rebelles, étaient impliquées dans le massacre.

Les 15 pays ont réaffirmé leur soutien aux efforts de M. Annan, et l'ont chargé de transmettre "dans les termes les plus clairs" leurs exigences au gouvernement syrien.

Le chef des observateurs, le général norvégien Robert Mood, a indiqué au Conseil par vidéoconférence que 108 personnes au moins avaient été tuées à Houla, atteintes par des éclats d'obus ou exécutées à bout portant, dont 49 enfants, et que 300 avaient été blessées.

Ce massacre a provoqué un tollé international.

 

Damas réfute "toute responsabilité"

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 Téhéran et Pékin, qui soutiennent Damas, ont condamné lundi ce carnage, tout en estimant qu'il faut en identifier les responsables, tentant ainsi d'exonérer les autorités syriennes.

Dimanche, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jihad Makdissi, avait réfuté "totalement toute responsabilité gouvernementale dans ce massacre terroriste qui a visé les habitants".

Une commission conjointe de l'armée et de la justice syriennes, chargée par Damas d'enquêter sur ces violences, les pires depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, doit publier ses conclusions mercredi.

Après sa première visite à Damas le 10 mars, M. Annan avait obtenu un engagement du régime et des opposants à respecter un plan de paix prévoyant un cessez-le-feu, un retrait des armes lourdes des villes et un dialogue politique.

Ce plan a été sérieusement mis à mal par le massacre de Houla.

Le chef démissionnaire du Conseil national syrien (CNS), Burhan Ghalioun, a appelé dimanche le peuple syrien à prendre les armes si la communauté internationale n'intervient pas par la force contre le régime.

La veille, l'Armée syrienne libre avait menacé de reprendre les offensives sous peine d'une action rapide de l'ONU.

En 14 mois, les violences en Syrie ont fait plus de 13.000 morts, dont au moins 1.881 depuis le début de la trêve il y a un mois et demi, selon un bilan de l'OSDH.

Des Libanais chiites enlevés le 22 mai en Syrie, au risque d'intensifier la contagion de la crise syrienne au Liban, sont toujours aux mains de leurs ravisseurs, a indiqué dimanche à l'AFP l'opposition syrienne, laissant entendre qu'il ne s'agissait pas de simples civils.

bur-cnp/ram

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