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Afrique du Sud: City Press décroche le tableau sexuel de Zuma de son site web

28/05/2012 11:31 EDT | Actualisé 28/07/2012 05:12 EDT

L'hebdomadaire sud-africain City Press a retiré lundi de son site web le tableau représentant le président Jacob Zuma sous les traits d'un Lénine exhibant son sexe, dans un souci d'apaisement et par "peur" de la tournure prise par la polémique.

"+La Lance+ (le titre du tableau) est décrochée. J'ai décidé d'enlever l'image en signe d'attention et de paix afin de contribuer modestement à surmonter un moment difficile", écrit la rédactrice en chef Ferial Haffajee sur le site du journal que l'ANC au pouvoir a attaqué en justice avec la galerie qui exposait l'oeuvre.

"Etre comme aujourd'hui le symbole de la colère d'une nation n'a jamais été le rôle d'un média dans la société. Nous sommes robustes et indépendants, mais pas des semeurs de zizanie ni sourds, non", ajoute-t-elle.

Elle précise qu'elle a pris sa décision "aussi par peur" après que des exemplaires du journal ont été incendiés samedi et que le grand syndicat des mineurs (NUM) a interdit d'accès un des reporters du journal, en représailles contre le tableau.

"L'ambiance ressemble à une poudrière", poursuit la journaliste, alors que l'ANC appelle ses partisans à manifester mardi à Johannesburg contre la galerie d'art qui a exposé l'oeuvre.

Des milliers de sympathisants du parti qui a libéré la majorité noire de l'apartheid devraient manifester aux abords des lieux où le tableau a déjà été vandalisé mardi dernier.

L'ANC, visiblement décidée à exploiter au maximum la publicité autour de l'affaire alors que la popularité du président Zuma et de son gouvernement est en berne, a salué la décision de City Press.

Mais le parti a exigé que City Press aille plus loin et présente des excuses "au peuple sud-africain, à l'ANC et à tout le monde".

Le tableau de Brett Murray, un artiste coutumier des détournements provocateurs, est perçu comme une atteinte à la dignité et comme raciste car il fait allusion à la polygamie de M. Zuma et à sa sexualité, un cliché de la représentation malveillante des Noirs.

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