NOUVELLES

Vivendi aborde à New York un autre procès des années Messier

27/05/2012 12:45 EDT | Actualisé 27/07/2012 05:12 EDT

Le groupe de médias français Vivendi affronte à partir de mardi en procès son concurrent américain Liberty Media qui avait porté plainte en 2003 en l'accusant de "fraude, déclaration trompeuse et dissimulation" sur sa crise de liquidités.

Deux ans et demi après la fin d'un procès à New York en nom collectif intenté par des actionnaires, dans lequel Vivendi a été condamné, le groupe français est cette fois poursuivi par le seul groupe de médias Liberty, également à New York.

Liberty Media s'était retrouvé actionnaire en 2001 en raison de sa participation dans un groupe racheté à l'époque par Vivendi, USA Networks.

Comme en 2009-10, il s'agit d'un procès remontant à la spectaculaire stratégie d'expansion menée par le PDG d'alors Jean-Marie Messier, qui avait fini par être évincé en 2002 une fois le groupe arrivé au bord de la faillite.

Selon le texte de la plainte, Vivendi avait convaincu fin 2001 Liberty Media de recevoir des titres du groupe plutôt que du numéraire pour racheter sa participation, parce que cela lui évitait d'avoir à sortir des liquidités qui se faisaient rares.

Vivendi avait alors fait miroiter d'une part que c'était fiscalement avantageux pour Liberty Media, et d'autre part que Vivendi affichait "de bons résultats d'exploitation et de solides prévisions", sans révéler "la gravité des problèmes de liquidité due à l'endettement massif entraîné par les transactions avec Seagram et Canal Plus et d'autres".

Dans le même temps, affirme Liberty Media dans sa plainte, Vivendi "gonflait artificiellement" le cours de ses actions à coup de rachats et de déclarations trompeuses.

En décembre 2001, Liberty Media avait ainsi accepté de recevoir plus de 37 millions de titres Vivendi au prix de 50 dollars, devenant le deuxième plus gros actionnaire du groupe.

La transaction - par laquelle Vivendi "a récolté les fruits de son arnaque", selon la plainte - avait été bouclée en mai 2002, quatre jours après que l'agence de notation financière Moody's eut abaissé la note du groupe français en raison de son niveau d'endettement.

Au total, a rappelé Liberty Media, l'action Vivendi - et donc son investissement a ensuite perdu 80% de sa valeur durant l'année 2002.

Les dommages réclamés pourraient se chiffrer en centaines de millions de dollars.

chr/gde

PLUS:afp