NOUVELLES

Syrie: le Conseil de sécurité de l'ONU blâme Damas dans le massacre de Houma

27/05/2012 06:46 EDT | Actualisé 27/07/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - Le Conseil de sécurité des Nations unies a blâmé les forces gouvernementales de la Syrie dans le massacre de Houla, les accusant d'avoir usé d'armes lourdes et de chars pour bombarder des zones résidentielles de la ville, en plus de condamner sévèrement la mort de dizaines de citoyens.

Le conseil a indiqué, dans un communiqué de presse publié à l'issue d'une réunion d'urgence dimanche après-midi, qu'il condamnait également la «mort des civils tués par balle à une courte distance et par sévices physiques graves» à Houla.

Le régime de Bachar el-Assad a «catégoriquement» démenti dans la journée toute responsabilité dans le «massacre» survenu vendredi dans la région de Houla (centre).

Face aux accusations de l'opposition, le gouvernement syrien a décrété l'ouverture d'une enquête dont les résultats doivent être divulgués d'ici trois jours. L'émissaire spécial des Nations unies et de la Ligue Arabe Kofi Annan est pour sa part attendu lundi à Damas.

Selon des sources diplomatiques, le Conseil de sécurité devait tenir dimanche une réunion d'urgence sur les événements de Houla. La France et la Grande-Bretagne avaient proposé de publier une déclaration condamnant le massacre, mais la Russie, également membre permanent du Conseil, a dit qu'elle ne pouvait l'accepter et souhaitait d'abord entendre le compte-rendu du chef de la mission d'observateurs en Syrie, selon ces sources. Une audition du général Robert Mood devait ainsi être organisée. La réunion devait commencer à 18h30 GMT.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme a accusé le régime alaouite d'avoir perpétré cette attaque, l'une des plus meurtrières depuis le début du mouvement de contestation contre le régime en mars 2011. Les observateurs de l'ONU, qui ont retrouvé sur place des obus d'artillerie, ont fait état d'au moins 108 morts, dont 49 enfants de moins de 10 ans et de 34 femmes, sans identifier les auteurs de cette «tragédie».

Dimanche au cours d'une conférence de presse à Damas, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Djihad Makdissi, a affirmé que son pays était confronté «à un tsunami de mensonges» mettant en cause le pouvoir. Il a accusé en retour des membres de l'insurrection d'être à l'origine du massacre.

Le gouvernement a décidé l'ouverture d'une enquête dont les résultats doivent être rendus publics d'ici trois jours, selon M. Makdissi, alors que l'envoyé spécial conjoint de l'ONU et de la Ligue Arabe Kofi Annan est attendu lundi à Damas, a confirmé le porte-parole.

Quelque 250 observateurs de l'ONU ont été déployés en Syrie pour vérifier la trêve censée être entrée en vigueur le 12 avril dans le cadre du plan de sortie de crise proposé par M. Annan. Mais ce cessez-le-feu est violé chaque jour, malgré leur présence.

«Ceux qui mettent la violence à leur ordre du jour créeront plus d'instabilité, une situation plus imprévisible et mèneront peut-être le pays à la guerre civile», a déclaré dans un communiqué le général norvégien Robert Mood, chef de l'équipe des observateurs de l'ONU. Les Nations unies ont dénoncé le massacre de vendredi dans des termes en imputant apparemment la responsabilité au régime syrien, qui accuse lui des «groupes terroristes».

A Washington, la Maison Blanche a fustigé des actes «innommables, d'une brutalité inhumaine». A Paris, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a condamné «les atrocités infligées quotidiennement à son propre peuple par Bachar el-Assad et son régime», soulignant que «la communauté internationale doit se mobiliser encore davantage pour arrêter le martyre du peuple syrien».

M. Fabius, selon un communiqué du quai d'Orsay, s'est entretenu dimanche avec Kofi Annan pour faire le point de la situation. Les deux hommes sont convenus de «rester en contact étroit, notamment dans la perspective de la tenue prochaine à Paris de la réunion du Groupe des pays amis du peuple syrien».

Sur le terrain, l'Observatoire syrien pour les droits de l'homme et les Comités locaux de coordination ont fait état dimanche de bombardements des forces gouvernementales à Hama (centre) et Rastan, au nord de Homs (centre).

À Damas, une bombe a fait sauter un véhicule des forces de sécurité dimanche dans le quartier de Mazzeh, faisant des victimes, a rapporté l'Observatoire syrien pour les droits de l'homme, sans fournir de bilan. L'attentat s'est produit près d'un aérodrome militaire, a ajouté l'Observatoire. Des militants ont mis en ligne une vidéo montrant une épaisse fumée noire s'élever du secteur. Les autorités n'ont fait aucun commentaire dans l'immédiat.

Damas, étroitement contrôlée par les forces du régime, a cependant été frappée au cours des derniers mois par plusieurs attentats visant des bâtiments des services de sécurité et de renseignement, faisant plusieurs dizaines de morts.

PLUS:pc