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Massacre de Houla: 108 morts, la Russie doute de la responsabilité de Damas

27/05/2012 05:00 EDT | Actualisé 27/07/2012 05:12 EDT

La Russie doute de la responsabilité du régime syrien dans le massacre de Houla, au cours duquel 108 personnes sont mortes, selon un bilan annoncé dimanche par le chef des observateurs des Nations unies au Conseil de sécurité, réuni à New York.

Le général norvégien Robert Mood, qui s'exprimait par vidéo-conférence, a part ailleurs annoncé que 300 personnes avaient été blessées, selon des diplomates présents dans la salle.

Le massacre de Houla (centre de la Syrie), survenu dans la nuit de vendredi à samedi, a provoqué un tollé international.

La Russie, par la voix de son représentant permanent adjoint à l'ONU, Igor Pankin, a mis en doute la responsabilité des autorités syriennes.

"Nous devons établir si ce sont les autorités syriennes" qui sont responsables, a-t-il déclaré à la presse. Il a affirmé que "la majorité" des victimes à Houla ont été tuées par arme blanche ou "exécutées à bout portant", contredisant de précédentes informations sur des tirs d'artillerie.

Pour le général Mood, les victimes ont été touchées par des "éclats d'obus" ou tuées "à bout portant", ont rapporté les diplomates.

Le régime syrien, par la voix du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jihad Makdissi, a réfuté "totalement toute responsabilité gouvernementale dans ce massacre terroriste qui a visé les habitants".

Damas a annoncé la création d'une commission d'enquête conjointe de l'armée et de la justice sur ces violences, les pires depuis l'entrée en vigueur théorique le 12 avril du cessez-le-feu prévu dans le cadre du plan de l'émissaire international Koffi Annan. La commission doit publier ses conclusions dans trois jours.

Selon la Syrie, M. Annan doit effectuer lundi sa deuxième visite dans le pays en trois mois de mandat du médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe. Après sa première visite le 10 mars il avait obtenu un engagement du régime et des opposants à respecter un plan de paix prévoyant notamment un cessez-le-feu, un retrait des armes lourdes des villes, et l'ouverture d'un dialogue politique.

Ce plan a été sérieusement mis à mal par le massacre perpétré à Houla. Après l'Armée syrienne libre (ASL, rebelles), le chef démissionnaire du Conseil national syrien (CNS), Burhan Ghalioun, a appelé le peuple syrien à prendre les armes si la communauté internationale n'intervient pas.

"J'appelle le peuple syrien à mener la bataille de la libération et de la dignité en comptant sur ses propres forces, sur les rebelles déployés à travers le pays et sur les brigades de l'Armée syrienne libre" au cas où la communauté internationale n'assumerait pas ses responsabilités "en vertu du Chapitre VII" de la Charte de l'ONU, permettant notamment l'usage de la force.

Déjà samedi, l'ASL avait prévenu qu'elle ne respecterait plus le plan Annan, un mois et demi après l'entrée en vigueur de la trêve, constamment ignorée depuis.

"A moins que le Conseil de sécurité de l'ONU ne prenne des décisions d'urgence pour protéger les civils, le plan Annan ira en enfer", a affirmé l'ASL.

Dimanche encore, 33 personnes dont 24 civils ont trouvé la mort dans des violences à travers le pays, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Des manifestations ont eu lieu à Alep (nord), Idleb (nord-ouest), Deraa (sud), Hama (centre) et à Damas pour dénoncer le massacre de Houla.

"Houla, ne t'inquiète pas, par mon sang, par mon âme, nous nous sacrifierons pour toi", ont scandé les manifestants dans la province de Hama.

Après le carnage, la communauté internationale s'est indignée sans pour autant prendre de mesure concrète, avivant la colère de la population face à l'incapacité des grandes puissances à mettre fin au bain de sang après plus de 14 mois de révolte, qui ont fait plus de 13.000 morts selon un nouveau bilan de l'OSDH.

Dans un communiqué, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'est dit "écoeuré" par les massacres en Syrie. Il a accusé l'Iran et son allié le mouvement chiite libanais Hezbollah d'en être les complices.

Des Libanais chiites enlevés le 22 mai en Syrie, au risque d'intensifier la contagion de la crise syrienne au Liban, sont par ailleurs toujours aux mains de leurs ravisseurs, a indiqué dimanche à l'AFP l'opposition syrienne, laissant entendre qu'il ne s'agissait pas de simples civils. Les autorités libanaises avaient annoncé leur libération vendredi soir.

bur-gde/mra

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