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Massacre de Houla: 108 morts, Moscou doute de la responsabilité de Damas

27/05/2012 04:23 EDT | Actualisé 27/07/2012 05:12 EDT

La responsabilité du gouvernement syrien dans le massacre de Houla (centre de la Syrie) reste à établir, a affirmé dimanche un diplomate russe à l'ouverture de consultations à huis clos au Conseil de sécurité sur la Syrie.

"Nous devons établir si ce sont les autorités syriennes" qui sont responsables de ce massacre, a déclaré à la presse le représentant permanent adjoint russe à l'ONU Igor Pankin.

"Nous avons tout lieu de croire que la plupart de ceux qui ont été tués (à Houla) ont été égorgés, frappés à coups de couteaux ou exécutés à bout portant", a précisé M. Pankin, semblant contredire de précédentes informations sur des tirs d'artillerie.

S'exprimant devant le Conseil par vidéoconférence, le général norvégien Robert Mood, chef des observateurs de l'ONU en Syrie, a précisé que 108 personnes au total avaient été tuées à Houla et 300 blessées, selon des diplomates.

Les victimes ont été touchées par des "éclats d'obus" ou tuées "à bout portant", a indiqué le général Mood, toujours cité par des diplomates. Il a précisé que le lieu du massacre portait des traces de tirs d'artillerie depuis des tanks, de tirs de mortiers et "d'agressions physiques".

Le patron des opérations de maintien de la paix de l'ONU Hervé Ladsous a ensuite confirmé à des journalistes que le chiffre de 108 morts représentait "l'estimation" de la Mission de supervision de l'ONU.

Le général Mood avait évoqué samedi "l'usage d'artillerie tirée depuis des chars" et avait appelé le gouvernement syrien "à ne plus utiliser d'arme lourde", sans toutefois désigner clairement de responsable.

L'opposition armée syrienne est essentiellement composée de militaires qui désertent avec leurs armes légères, tandis que les chars de l'armée sont toujours déployés dans les villes, en violation du plan de paix du médiateur Kofi Annan.

Selon une source à l'ONU, il y a eu d'abord des tirs d'artillerie puis des miliciens alaouites venus de villages voisins ont investi Houla, qui est peuplé en majorité de musulmans sunnites. "L'enquête montre qu'il y a eu d'abord un barrage d'artillerie puis que des miliciens sont entrés dans Houla", a déclaré cette source à l'AFP.

La communauté alaouite, à laquelle appartient le président syrien Bachar al-Assad, est une branche de l'islam chiite dont les membres détiennent les postes-clés du pouvoir en Syrie.

Le Royaume-Uni et la France avaient proposé une déclaration condamnant le massacre de Houla et rejetant clairement la responsabilité sur les forces syriennes. Mais la Russie avait bloqué l'adoption du texte, demandant que le général Mood s'exprime d'abord devant le Conseil.

Les autorités syriennes nient être responsables de ce massacre, qui a provoqué un tollé international et fragilisé le plan Annan.

M. Annan, attendu lundi à Damas, avait, avec le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, condamné samedi "ce crime révoltant et terrible".

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