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Le mouvement étudiant hors Québec peine à organiser une mobilisation similaire

27/05/2012 02:25 EDT | Actualisé 27/07/2012 05:12 EDT

VANCOUVER - Alors que le mouvement étudiant accapare les rues de la métropole québécoise depuis près de quatre mois, les leaders des associations étudiantes du reste du Canada commencent timidement à organiser des actions de mobilisation.

Les groupes étudiants à l'extérieur de la province sont incapables d'organiser des manifestations aussi imposantes et longues que celles du Québec, et ce, peu importe la cause défendue, déplorent à la fois les anciens et les actuels leaders étudiants canadiens.

Lorsqu'un gel des droits de scolarité a été suspendu en 2002 en Colombie-Britannique, entraînant des frais deux fois plus élevés pour la plupart des universités au cours des trois années suivantes, un groupe de 50 étudiants avait passé la nuit dans les bureaux administratifs de l'université de la Colombie-Britannique (UBC), tandis que quelques centaines d'autres avaient manifesté à l'extérieur.

Les manifestations s'étaient toutefois rapidement essoufflées à UBC. Au semestre suivant, le conseil des recteurs avait invité environ 300 étudiants à s'exprimer lors d'une rencontre où de nouvelles hausses seraient adoptées, mais à peine une quarantaine d'étudiants s'étaient présentés.

Le mouvement étudiant aurait pris une toute autre tangente dans les provinces anglophones du Canada au cours des années 1960, avance le directeur administration du Conseil des étudiants de l'université d'Alberta, Duncan Wojtaszek.

Il faut remonter à la Révolution tranquille pour expliquer un tel phénomène au Québec, a-t-il plaidé, soulignant que les réformes en éducation avaient permis la création de droits de scolarité très faibles, voire gratuits. Si un gouvernement provincial ailleurs au Canada se risque à hausser les droits de scolarité, la population ne juge pas qu'un contrat social sacré a été enfreint.

À cela s'ajoute le fait que les associations étudiantes anglophones sont généralement très centralisées et ont plutôt l'habitude de concentrer leurs efforts sur la gestion des services offerts aux étudiants, notamment l'administration de pubs ou de cafés universitaires. Les décisions sont prises par des représentants élus à un large et diversifié conseil.

Mais au Québec, les groupes étudiants sont souvent plus petits et fortement politisés. Les assemblées générales de facultés sont fréquentes et tous les étudiants inscrits peuvent prendre part aux différents votes.

Ce serait l'importance accordée à la base étudiante qui insufflerait l'énergie et l'endurance caractéristiques des manifestations tenues au Québec, des critères qui sont absents des autres regroupements universitaires du reste du pays.

Les associations facultaires ont un énorme pouvoir dans les universités francophones, et c'est là que réside toute la différence entre les deux mouvements, plaide Joey Coleman, un blogueur qui a passé quatre ans à analyser les affaires étudiantes pour le magazine Maclean's et le quotidien The Globe and Mail.

«Lorsqu'on parle de grèves étudiantes, on parle de facultés. Pas de toute l'université», a-t-il mentionné.

Selon Spencer Keys, ancien président d'association étudiante à (UBC), personne, hors Québec, n'a la capacité de réaliser des actions durables du même genre que celles qui ont cours dans la Belle Province.

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