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Le massacre de Houla en Syrie mobilise la communauté internationale

27/05/2012 05:37 EDT | Actualisé 27/07/2012 05:12 EDT

La communauté internationale, outrée par le massacre de Houla qui a fait une centaine de morts dont plus de 32 enfants, veut intensifier la pression sur le régime syrien, Washington appelant à mettre fin au règne "du meurtre et de la peur".

Malgré le tollé, les forces gouvernementales ont continué de bombarder dimanche des villes rebelles dans le centre de la Syrie s'engageant également dans de féroces combats près de Damas contre les rebelles, qui avaient menacé la veille de passer à l'offensive si l'ONU n'agissait pas rapidement.

Les violences perpétrées à Houla, dans la province de Homs (centre), sont les pires depuis l'entrée en vigueur théorique du cessez-le-feu le 12 avril.

Face à ce massacre attribué aux forces gouvernementales par l'opposition, la communauté internationale a fait part de son indignation, sans pour autant prendre de mesure concrète, avivant la colère de la population face à l'incapacité des grandes puissances à mettre fin au bain de sang après plus de 14 mois de révolte.

Après le choc des images insoutenables d'enfants ensanglantés diffusées par les militants, Londres a appelé à "une réponse internationale forte" et à une réunion d'urgence du Conseil de sécurité "dans les prochains jours", tandis que Paris entamait des contacts pour réunir le "Groupe des pays amis du peuple syrien".

Président actuel de la Ligue arabe, le Koweït veut de son côté convoquer une réunion d'urgence de l'organisation sur la Syrie "en vue de prendre les mesures destinées à mettre fin à l'oppression du peuple syrien".

L'Armée syrienne libre (ASL), formée essentiellement de déserteurs, a prévenu qu'elle ne respecterait plus le plan Annan, un mois et demi après l'annonce d'un cessez-le-feu prévu par ce plan, constamment ignoré depuis.

"A moins que le Conseil de sécurité de l'ONU ne prenne des décisions d'urgence pour protéger les civils, le plan Annan ira en enfer", a affirmé l'ASL.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), les victimes ont été tuées dans un bombardement des forces gouvernementales entamé vendredi midi et poursuivi jusqu'à samedi à l'aube.

Des dizaines de corps ont été enterrés dans une fosse commune, selon des vidéos diffusées sur internet par des militants à Houla, où les habitants en ont pris à témoin des observateurs de l'ONU qui se sont rendus sur place samedi.

"Il y avait des enfants de moins de 8 mois! Qu'est-ce qu'ils ont fait? Est-ce qu'ils portaient des roquettes RPG?", crie un homme à un observateur visiblement embarrassé.

"On nous tue et le monde reste les bras croisés, allez au diable avec votre plan" Annan, s'écrie un homme à Houla, selon une vidéo mise en ligne par des opposants, en référence au plan de paix de l'émissaire international Kofi Annan, qui doit se rendre en Syrie en début de semaine.

"Annan est le seul responsable du massacre de Houla", ont même écrit des manifestants sur une pancarte dans la province d'Idleb (nord-ouest).

L'ASL a réclamé de nouveau samedi à la communauté internationale de mener des "raids aériens" contre le régime de Bachar al-Assad, un appel ignoré par Washington, Paris, Londres et Berlin.

Les adversaires du régime de M. Assad, exaspérés, réclament à cor et à cri d'être armés, une idée à laquelle les pays occidentaux restent réticents.

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a condamné l'"atrocité" du massacre et déclaré que Washington travaillerait avec ses alliés pour accroître la pression sur Bachar al-Assad, affirmant que le règne du "meurtre et la peur devait se terminer".

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, et M. Annan, ont dénoncé "une violation flagrante du droit international et des engagements pris par le gouvernement syrien de cesser son recours aux armes lourdes dans les villes".

"Un tel massacre ne peut demeurer impuni", a estimé l'Unicef, condamnant un "crime atroce contre des enfants si jeunes".

L'agence officielle Sana a accusé des "groupes terroristes armés" d'avoir "incendié et fait exploser vendredi soir des maisons (...) afin de faire croire que les forces armées syriennes bombardaient la région". Elle a en outre accusé des terroristes liés à Al-Qaïda d'avoir commis des massacres dans d'autres localités de la province de Homs.

Le chef des observateurs de l'ONU en Syrie, le général Robert Mood, qui a condamné une "tragédie brutale", n'a pas désigné de responsables, tout en confirmant "l'usage d'artillerie tirée depuis des chars".

L'ASL est essentiellement composée de militaires qui désertent avec leurs armes légères, tandis que les chars de l'armée sont toujours déployés dans les villes en violation du plan Annan censé mettre fin aux violences.

Le général Mood a appelé le gouvernement "à ne plus utiliser d'arme lourde", invitant autorités et opposition à "cesser de recourir à la violence".

Mais sur le terrain, de violents combats entre troupes gouvernementales et rebelles secouaient dimanche la ville de Hama (centre) et celle de Harasta près de Damas, tandis que la ville rebelle de Rastane (centre) a été bombardée dans la nuit au rythme de deux obus par minute en moyenne, selon l'OSDH.

Et des combats près de la frontière irakienne ont poussé Bagdad à placer en état d'alerte ses forces de sécurité dans la zone dans la nuit de samedi à dimanche.

Selon l'OSDH, plus de 12.600 personnes ont péri depuis le début de la révolte anti-régime, en majorité des civils tués par les forces gouvernementales.

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