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Haïti attendra 30 ans avant de rejoindre le niveau de son voisin, dit un expert

27/05/2012 03:45 EDT | Actualisé 27/07/2012 05:12 EDT

OTTAWA - Il faudra patienter trois décennies avant qu'Haïti ne parvienne au statut de «pays à revenu intermédiaire» et se hisser au niveau de son voisin, la Républicain dominicaine, a avancé un haut représentant américain, dimanche.

Thomas Adams, coordonateur spécial du département d'État américain pour Haïti, a toutefois précisé qu'une telle estimation «réaliste» ne devrait pas être perçue comme un frein pour les pays qui, à l'instar du Canada, soutiennent financièrement les Haïtiens, encore fortement ébranlés par le séisme meurtrier de janvier 2010.

Et cela ne devrait pas non plus décourager les investisseurs, qui occupent un rôle central dans la reprise économique à long terme d'Haïti, tant et aussi longtemps que des institutions démocratiques et crédibles y seront instaurées, a ajouté M. Adams.

«Il n'y a aucune raison pour qu'Haïti ne devienne pas un pays à revenu intermédiaire. Mais puisqu'on part d'aussi loin, il faudra encore entre 25 et 30 ans pour y parvenir, et ce, même s'ils ont une bonne croissance économique», a expliqué M. Adams, qui était de passage à Ottawa pour deux journées de rencontres tenues avec une foule de représentants gouvernementaux.

Il a rappelé, en entrevue avec La Presse Canadienne, la complexité des problèmes d'Haïti — parmi lesquels le système d'éducation, de santé, le choléra et les infrastructures.

«Ce ne sont pas des choses que vous réglez en un tour de main. C'est bien d'être réaliste, et cela ne veut pas dire que nous ne faisons pas de progrès année après année. Mais vous ne verrez pas l'Haïti que vous souhaiteriez avant encore un bon moment», a déclaré M. Adams.

Il y a quarante ans, Haïti avait une légère avance économique sur la République dominicaine, a mentionné M. Adams. Pas moins de 20 grandes entreprises américaines y avaient établi leurs quartiers généraux pour la région des Caraïbes.

Selon l'expert de Washington, l'avenir économique d'Haïti réside dans les textiles, l'agriculture et le tourisme.

«Haïti a besoin de capitaux privés. L'argent de tous les donateurs, aussi généreux soient-ils — et je crois que le Canada et plusieurs autres pays l'ont été —, n'est pas suffisant pour rétablir la santé financière de ce pays», a-t-il soutenu.

Les États-Unis et le Canada, a-t-il poursuivi, sont tous deux très actifs en matière d'aide apportée à Haïti, dans la foulée du séisme de 2010 qui avait entraîné la mort de 300 000 personnes, en plus d'en déplacer 1,5 million autres. Le Canada a promis de verser plus d'un milliard de dollars à Haïti, ce qui en fait le deuxième plus important bénéficiaire de l'aide d'Ottawa, après l'Afghanistan.

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