Coup d'envoi de la saison des festivals au Québec: un été perturbé?

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MONTREAL TOURISME PERTURBATIONS
Les manifestants se baladent avec des casseroles, le 26 mai 2012. (AFP) | AFP

MONTRÉAL - La Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) a convié de nombreuses personnalités du milieu des affaires et de la politique à une rencontre à huis clos, dimanche soir, alors que les craintes d'un débordement des manifestations de rue sur les activités touristiques estivales sont de plus en plus vives.

Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, et le ministre des Finances, Raymond Bachand, ont accepté l'invitation in-extremis du président et chef de la direction du CCMM, Michel Leblanc, à l'instar d'autres représentants des secteurs du tourisme, de grands événements montréalais et du quartier des spectacles, entre autres. La rencontre, qui a duré environ une heure, était l'occasion de dresser un état des lieux de la situation au centre-ville et de se partager l'information. Un appel à l'ouverture a aussi été lancé au gouvernement Charest.

À la veille de la reprise des négociations entre les leaders étudiants et la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, M. Leblanc a soutenu que Québec devait accorder tout le temps nécessaire à la résolution du conflit et éviter de fermer la porte après quelques heures ou journées de discussions.

Le pdg du CCMM a également mentionné que les petits commerçants étaient les plus touchés par le contexte actuel, ajoutant qu'il faudrait éventuellement plancher sur une reconstruction de la réputation de Montréal, à l'international mais aussi à l'échelle locale. Il n'est pas exclu qu'une autre réunion du genre soit tenue ultérieurement.

Le mois de juin sera particulièrement fertile en événements d'envergure à Montréal, avec la tenue du Grand Prix de Formule 1 du Canada, les 8, 9 et 10 juin, les FrancoFolies, du 7 au 16 juin, et le Festival de jazz, qui s'ébranlera le 28 juin pour se terminer le 7 juillet. Moins d'une semaine plus tard, soit le 12 juillet, ce sera le début du Festival Juste pour Rire, jusqu'au 28 juillet.

Mais malgré la notoriété de ces événements et leur importance pour Montréal, des manifestants rassemblés au parc Émilie-Gamelin pour une autre marche nocturne, dimanche soir, voyaient plutôt d'un bon oeil la poursuite des manifestations pendant la haute saison touristique. Les touristes reviendront l'an prochain, assure-t-on.

«Un certain type de touristes [seront échaudés], mais je me dis que cela va en attirer d'autres, estime Nicolas Montpetit. Peut-être des touristes un peu plus militants, un peu plus socialement engagés, plutôt que la faune habituelle de la Formule 1.»

M. Montpetit croit aussi que les conséquences seront peu importantes à long terme.

Pour Jean-Pierre Lord, un croire que le conflit social aura des retombées négatives sur l'industrie touristique montréalaise relève d'une «pensée à courte vue».

«Avec la couverture mondiale que nous avons eue dans le cadre du conflit étudiant, c'est un peu, pour moi, l'équivalent du Mur de Berlin qui s'effondre; il n'y a rien de plus positif que cela», a-t-il lancé. «Je ne crois pas vraiment à cette tentative de peur voulant que l'économie va s'effondrer.»

En fait, M. Lord a annoncé sa participation à d'éventuelles actions de perturbation de la fin de semaine du Grand Prix de Formule 1, parlant d'un «fossé abyssal entre l'humanisme et le capitalisme qui s'affrontent».

Aux yeux de deux jeunes manifestantes, dont l'une dit craindre pour son emploi si elle s'identifie, les citoyens n'ont pas à changer leurs opinions si des touristes risquent de ne pas venir à Montréal cet été.

«Cela risque d'avoir encore plus d'impact si [les manifestations] bloquent plusieurs activités comme des festivals. Tant mieux si toutes les festivités estivales montréalaises se transforment en manifestations!», lancent-elles.

«Le peuple se réunit... tant mieux si les gens se rassemblent pour s'exprimer», et ce même si des retombées économiques majeures sont à risque, croient-elles.

Geneviève Labrie, enfin, se dit attristée de constater qu'un «petit groupe de personnes responsables des festivals se mobilisent» en craignant pour leurs revenus, alors que «le problème, en ce moment, c'est la grève, c'est la loi 78. Lorsque ces problèmes seront réglés, il sera alors possible de régler les problèmes du secteur touristique. Nous pourrons mettre notre énergie ailleurs.»

Interrogé en marge de la reprise des négociations lundi à Québec, le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin a rappelé que l'organisme qu'il représente «cherche l'intérêt du plus grand nombre» et que le combat de la fédération n'était pas contre l'industrie touristique montréalaise.

«C'est une bataille pour préserver l'accessibilité aux études, et je crois que le cri du coeur qu'envoie l'industrie touristique est une raison de plus, pour le gouvernement, de régler [la crise].»

Environ 500 personnes ont pris le départ de la 34e manifestation nocturne, qui est partie du parc Émilie-Gamelin au centre-ville de Montréal. Une manifestation qui, à l'instar de celles tenues au cours des derniers jours, a été déclarée illégale par le SPVM avant même qu'elle ne commence, soit peu après 20 h 30, parce que l'itinéraire n'avait pas été fourni aux policiers.

Malgré cela, le rassemblement s'est déroulé dans une atmosphère festive et pacifique, et à la fin de la manifestation, à minuit, le SPVM ne rapportait qu'une seule arrestation.

Le suspect est un homme de 48 ans qui devait passer la nuit derrière les barreaux en attendant de comparaître, lundi, pour faire face à une accusation d'agression armée et de méfait après avoir lancé une casserole en direction d'un autobus de la STM, en fracassant une vitre. L'incident est survenu vers 20 h 45 sur la rue Mont-Royal, près de Montana.

Une manifestation légale, car l'itinéraire avait été fourni aux policiers, s'est également tenue dans le calme et l'ordre à Québec.

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Manif nocturne du 26 mai 2012
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