NOUVELLES

Festival de Cannes: «Amour» de Michael Haneke remporte la Palme d'or

27/05/2012 01:57 EDT | Actualisé 27/07/2012 05:12 EDT

CANNES, France - L'Autrichien Michael Haneke a remporté dimanche sa deuxième Palme d'Or à Cannes pour "Amour", histoire d'amour et de mort avec Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva, dans le rôle de Georges et Anne, un vieux couple confronté à la maladie.

Si les deux comédiens octogénaires n'ont pas remporté de prix d'interprétation, le cinéaste italien Nanni Moretti, président du jury de ce 65ème Festival de Cannes, a annoncé la palme en tenant à rappeler "la contribution fondamentale de ses deux acteurs principaux". A l'instar d'"Amour", tous les films de ce palmarès, qui abordaient souvent des thèmes sombres ou douloureux, sont signés par des réalisateurs déjà primés à Cannes, dont trois déjà palmes d'Or.

Le réalisateur autrichien a été rejoint sur scène par ses deux interprètes, monstres sacrés du théâtre et du cinéma français, très émus, avant une ovation de la salle. Michael Haneke a remercié ses "acteurs géniaux": "c'est leur film, c'est eux qui sont l'essence de ce film".

"C'est un travail de passion", a confié Emmanuelle Riva. "Notre action, c'est un partage de vie", a-t-elle ajouté et "garder ça pour soi tout seul ça manquerait de charme". "Ca me touche beaucoup", a renchéri Jean-Louis Trintignant, qui retrouvait le grand écran après presque dix ans d'absence. Il a rendu hommage à son metteur en scène, "à mon sens qui est le plus grand metteur en scène vivant", avant de conclure en citant le poète Jacques Prévert, "et si on essayait d'être heureux ne serait-ce que pour donner l'exemple".

"Amour", l'un des grands favoris du festival, succède à "The Tree of Life" de l'Américain Terrence Malick, primé l'an dernier.

Habitué de Cannes, où son film "La Pianiste" avait valu à Isabelle Huppert un prix d'interprétation, Michael Haneke avait déjà remporté la palme d'or pour "Le Ruban blanc" en 2009. Il fait désormais partie des rares réalisateurs, comme les frères Luc et Jean-Pierre Dardenne, Bille August, Emir Kusturica, Shoheï Imamura ou Francis Ford Coppola, à avoir décroché deux fois la récompense suprême.

Il retrouve au palmarès 2012 d'autres cinéastes palmes d'or, comme Ken Loach ("Le Vent se lève" en 2006). Autre abonné de la Croisette, le Britannique remporte son troisième prix du jury pour sa comédie sociale au parfum de whisky, "The Angel's share" (La part des Anges).

Cinq ans après "Quatre mois, trois semaines et deux jours", palme en 2007, le Roumain Cristian Mungiu décroche quant à lui le prix du scénario pour "Dupa Dealuri" (Au-delà des collines). Les deux interprètes de son film, Cosmina Stratan et Cristina Flutur, se partagent en outre le prix d'interprétation féminine. Le film, accueilli par un mélange d'applaudissements et huées lors de sa présentation, est inspiré de l'histoire vraie d'une jeune femme morte en 2005 lors d'une tentative d'exorcisme dans un monastère isolé.

Mads Mikkelsen a reçu le prix d'interprétation masculine pour son rôle d'un homme brisé par des soupçons de pédophilie dans "Jagten" (La Chasse) du Danois Thomas Vinterberg, le réalisateur de "Festen", prix du jury en 1998.

Après "Gomorra" en 2008, l'Italien Matteo Garrone obtient pour la deuxième fois le Grand prix du jury pour "Reality", dans lequel la vie d'un Napolitain qui rêve de notoriété est bouleversée par la télé-réalité. Le Mexicain Carlos Reygadas, prix du jury en 2007 pour "Lumière Silencieuse", était venu chercher le prix de la mise en scène pour "Post Tenebras Lux".

"De rouille et d'os" du Français Jacques Audiard ou "Mud" de Jeff Nichols, qui faisaient aussi partie des favoris parmi les 22 films, figurent en revanche parmi les absents du palmarès.

L'Italien Nanni Moretti, palme d'or en 2001 pour "La Chambre du Fils", était entouré dans le jury de quatre autres réalisateurs, la Palestinienne Hiam Abbas, la Britannique Andrea Arnold, l'Américain Alexander Payne et l'Haïtien Raul Peck, de trois acteurs, la Française Emmanuelle Devos, l'Allemande Diane Kruger et le Britannique Ewan McGregor et d'un couturier, le Français Jean-Paul Gaultier.

Cette soirée de clôture du 65ème festival de Cannes, présentée par l'actrice Bérénice Bejo, devait s'achever sur un hommage au cinéaste français Claude Miller, le réalisateur de "Garde à Vue" ou "L'Effrontée", disparu en avril dernier. Avant de déserter la Croisette, les festivaliers pouvaient découvrir son dernier film, "Thérèse Desqueyroux", une adaptation du roman de François Mauriac, avec Audrey Tautou, Gilles Lellouche et Anaïs Demoustier.

PLUS:pc